Ce sont plus de 1.500 millions d’euros par an, a souligné Pedro Nunes, entendu à la Commission parlementaire de l’Environnement et de l’Énergie dans le cadre d’une audition requise par le PS sur l’impact environnemental de l’aéroport Humberto Delgado, à Lisbonne.
Pedro Vaz, pour le PS, a justifié la demande d’audition par le non-respect des obligations de la part du concessionnaire de l’aéroport (ANA), que ce soit au sujet du Plan d’Action de Bruit pour 2018-2023 et celui qui devait être en vigueur ensuite, ou au sujet des vols nocturnes, en déclarant que l’entité n’a été soumise qu’à une amende de 12.000 euros.
« Comment peut-on garantir qu’un concessionnaire de l’État respecte ce que l’État lui-même exige ? » s’est questionné le député.
Pedro Nunes, outre les coûts (« estimation basée sur des modèles établis internationalement ») pour les citoyens et pour la ville et son patrimoine, a mentionné que le Plan d’Action de Bruit 2018-23 est « en grande partie non respecté », notamment sur des questions aussi importantes que l’isolation acoustique des immeubles résidentiels.
Et le Plan 2024-2029 « est en retard de deux ans », a noté le responsable, en précisant que le plan qui avait été soumis à consultation publique ne convenait pas et a fini par être rejeté par l’Agence Portugaise de l’Environnement (APA).
Pedro Nunes a également déclaré que l’association Zero est contre le financement par le Fonds Environnemental (un soutien annoncé l’année dernière) des travaux d’isolation sonore, car cela « déresponsabilise les pollueurs » et que c’est bien l’Ana — Aéroports du Portugal qui devrait payer.
Quant aux vols nocturnes, l’écologiste a dit qu’ils restent « bien au-delà » de ce qui est permis « et encore plus qu’il y a quelque temps », et que les recommandations d’un groupe de travail de l’Assemblée de la République à ce sujet n’ont pas été mises en œuvre, comme l’interdiction totale des vols entre 01h00 et 05h00.
En résumé, a-t-il dit, les restrictions ne sont pas respectées (entre 00h00 et 06h00, les mouvements par heure (diurne) augmentent et des travaux sont effectués au terminal 1 sans évaluation de l’impact environnemental.
Zero a proposé que le cadre de surveillance et des amendes soit révisé, les compagnies aériennes devant payer « à l’avance » pour les vols nocturnes, et a déclaré que l’État devrait utiliser le pouvoir que lui confère le contrat de concession sur le non-respect des clauses environnementales.
« Notre évaluation de ce panorama est négative. Les choses ne se sont pas améliorées mais ont empiré », a-t-il dit, rappelant que Zero a déjà été entendu au Parlement à plusieurs reprises sur le sujet et en défendant qu’il doit y avoir des conséquences des travaux de la commission.
Acácio Pires, également de Zero, a dit aussi aux députés que les actions et interventions à l’aéroport Humberto Delgado doivent faire l’objet d’une Évaluation de l’Impact Environnemental, et que l’augmentation des vols par heure doit aussi être évaluée car l’aéroport est dans une « zone sensible ».
« Il semble difficile d’augmenter le nombre de vols sans que cela n’aggrave les conditions pour les populations affectées », a-t-il dit, en se référant au fait que les avions survolent des zones de Lisbonne avec de grandes concentrations de population.
Acácio Pires a observé que dans cette matière « l’État doit se faire respecter » et si le délai pour présenter un Plan d’Action de Bruit n’est pas respecté, il doit y avoir une sanction, tout comme il doit y avoir une sanction pour les compagnies aériennes qui ne respectent pas les horaires. Le non-respect peut conduire à la résolution du contrat de concession, a-t-il averti.
