Le Premier ministre, Luís Montenegro, a déclaré samedi que si la validation de la constitutionnalité par le Tribunal Constitutionnel (TC) de la loi sur les étrangers « n’a lieu, le Portugal ne va pas disparaître ». Il convient de noter que le Président de la République, Marcelo Rebelo de Sousa, a transmis le décret à cet organe judiciaire le jeudi 24 juillet passé.
Dans des déclarations aux journalistes à Esmoriz, Luís Montenegro a indiqué que l’envoi du projet de loi modifiant la loi sur les étrangers pour une surveillance préventive par le Tribunal Constitutionnel est « une procédure parfaitement normale ».
« Si cela [validation de la constitutionnalité par le TC] ne se produit pas, le monde ne va pas s’effondrer, le Portugal ne va pas disparaître, et notre volonté de réguler l’immigration ne s’arrêtera pas non plus« , a-t-il souligné.
Pourquoi Marcelo a-t-il envoyé la loi sur les étrangers au Tribunal Constitutionnel?
Pour Marcelo Rebelo de Sousa, le décret présenté par le Gouvernement « introduit ou modifie un ensemble significatif de concepts de nature indéterminée ou, du moins, difficile (ou même impossible) à déterminer concrètement », concepts qui peuvent « rendre l’application de la loi difficile, ne contribuant pas à la sécurité juridique nécessaire et souhaitée, ainsi qu’à la certitude du droit, principes garantis par la constitution ».
Il a ajouté que cela peut également « générer un traitement différencié et discriminatoire et, assurément, apporter un risque accru et considérable de litige sur une question fondamentale et de grande importance pour notre pays et les intéressés ».
Le Chef de l’État a ainsi demandé « la surveillance préventive urgente de la constitutionnalité des normes » concernant le droit au regroupement familial et les conditions de son exercice, et a fixé à 15 jours « le délai pour une réponse urgente du Tribunal Constitutionnel ».
Que disent les partis sur l’envoi au TC?
Pour le PS, Pedro Delgado Alves a déclaré que le parti salue « la décision » du Président de la République. Le socialiste a exprimé l’espoir que le « Tribunal Constitutionnel offre une décision dans le délai prévu pour que ce processus puisse être remis sur les rails, d’où il n’aurait jamais dû sortir« .
D’autre part, le président du Chega, André Ventura, a critiqué la décision du Président de la République, avertissant contre « un chaos » dans l’immigration.
Rappelez-vous les principales mesures de la loi sur les étrangers
La proposition est une des trois parties du premier paquet législatif du gouvernement élu en mai, aux côtés de la création de l’Unité Nationale des Étrangers et Frontières (UNEF) dans la PSP et de la nouvelle loi de la nationalité.
Rappelez quelques-uns des principaux points de la proposition examinée, connue sous le nom de loi sur les étrangers:
- Restrictions au regroupement familial des immigrés
Cette mesure reporte de deux ans les demandes de regroupement familial des plus de 300 000 immigrés qui ont obtenu des permis de séjour, suite à la figure juridique des manifestations d’intérêt, une ressource qui permettait la régularisation de ceux qui arrivaient au Portugal avec un visa touristique.
- Fin des avantages pour la CPLP
Une autre des mesures controversées est la fin d’un régime favorable pour les citoyens de la Communauté des Pays de Langue Portugaise (CPLP), qui doivent désormais demander à l’origine un visa de travail ou de résidence pour obtenir une autorisation de séjour.
- Les immigrés hautement qualifiés et les investisseurs sont les seuls bénéficiaires
Les seuls étrangers favorisés par ce paquet législatif sont les immigrés hautement qualifiés, qui deviennent les seuls à avoir accès aux visas de recherche d’emploi, et les titulaires de Permis de Résidence pour Investissement (les visas ‘gold’), qui peuvent demander le regroupement familial sans les deux ans d’attente requis pour les autres.


