87 sur 100 agresseurs ne sont pas condamnés. L’Ordre défend des changements dans la loi.

87 sur 100 agresseurs ne sont pas condamnés. L'Ordre défend des changements dans la loi.

Sur les 30 461 plaintes de violence domestique enregistrées en 2023, seulement 4 141 ont abouti à des condamnations. Cela signifie que seulement 13 % des cas signalés se terminent par une condamnation, soit 87 agresseurs sur 100 qui ne sont pas condamnés.

Le bâtonnier de l’Ordre des Avocats a souligné que ce « faible taux de condamnation » dans les cas de violence domestique « résulte de multiples facteurs », notamment la « difficulté à obtenir des preuves directes et crédibles, en raison de la nature privée des crimes et de l’absence de témoins », ainsi que le « repli des victimes, qui abandonnent souvent le processus ou ne collaborent pas par peur, dépendance économique ou émotionnelle ».

Mais pour João Massano, il y a d’autres éléments qui contribuent à ce faible taux de condamnation : « Défaillances dans l’enquête, insuffisance de moyens et formation spécialisée, persistance de stéréotypes sociaux et culturels qui minimisent ou dévalorisent la violence domestique ».

De plus, ces processus sont également complexes et « s’étendent souvent dans le temps, entraînant une dilution des preuves et un oubli des faits ».

Pour lutter contre ce paradigme, selon le bâtonnier des Avocats, il est nécessaire d’adopter certaines mesures. Changer la loi et la manière dont la société perçoit le problème de la violence domestique.

« L’Ordre des Avocats a défendu à plusieurs reprises la nécessité de créer un réseau national de soutien juridique pour les victimes de violence domestique, ainsi que de renforcer la formation des magistrats, avocats et forces de sécurité en matière de violence domestique », souligne João Massano, ajoutant qu’il est également nécessaire « d’améliorer les mécanismes de protection des victimes », y compris faciliter l’accès « à des mesures préventives et un soutien psychologique ».

L' »adoption de pratiques procédurales rapides et efficaces, qui permettent la collecte et la préservation des preuves, notamment numériques », est également essentielle, parallèlement à la « sensibilisation de la société à la gravité du phénomène, en combattant les stigmates et en promouvant la dénonciation », avertit le bâtonnier.

« Révision législative » et « réponse systémique »

Selon João Massano, cela nécessite une « révision législative qui clarifie et accélère l’admissibilité des moyens de preuve, comme les images de vidéosurveillance, chaque fois que des droits fondamentaux et la protection des victimes sont en jeu ».

« En somme, il est urgent de mettre en place une réponse systémique, multidisciplinaire et intégrée, qui place la dignité humaine et la protection des victimes au centre de l’action judiciaire et sociale, en promouvant une justice plus efficace, rapide et sensible à la réalité de la violence domestique », a conclu l’avocat.

Il convient de rappeler que cette semaine, l’état de la violence domestique au Portugal fait l’objet de discussions plus animées en raison d’un épisode survenu sur l’île de Madère. Un pompier a été filmé en train d’agresser sa femme devant leur fils de 9 ans. Le suspect a été placé en détention provisoire après avoir été arrêté, mais il n’est pas encore certain si les images de l’agression violente seront prises en compte par le tribunal et si l’homme sera condamné.

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La violence domestique est un crime public et la dénoncer est une responsabilité collective. Si vous avez besoin d’aide ou si vous avez connaissance d’une situation de violence domestique, signalez-la :

  • Sur le Portail de Plainte Électronique, à queixaselectronicas.mai.gov.pt;
  • Par téléphone, via le numéro : 112;
  • Au poste de GNR le plus proche de votre domicile, en ayant toujours nos contacts à portée de main sur www.gnr.pt/contactos.aspx;
  • Sur l’application App MAI112, disponible et destinée exclusivement aux citoyens sourds, sur http://www.112.pt/Paginas/Home.aspx;
  • Sur l’application SMS Segurança, destinée aux personnes sourdes sur www.gnr.pt/MVC_GNR/Home/SmsSeguranca.
  • Par e-mail de la PSP : « vi****************@*sp.pt«