« C’est un groupe de convivialité, il n’y a rien de violent là-dedans », a défendu Mayza Consentino à Lusa, à la sortie du Tribunal Central d’Instruction Criminelle à Lisbonne, où les suspects arrêtés commenceront cet après-midi à être présentés à un juge pour être identifiés et, s’ils le souhaitent, faire des déclarations.
Interrogée sur la question de savoir si elle considère qu’il s’agit de liberté d’expression quand, selon la PJ, le discours représenterait une menace pour les minorités ethniques, l’avocate a dit croire que oui.
« Je suis une femme, je suis brésilienne. Si c’était un groupe qui incite vraiment à la haine des immigrants, je ne serais pas ici », a souligné Mayza Consentino, ajoutant qu’elle connaît Mário Machado, considéré par les autorités comme le leader du groupe, « depuis assez longtemps » et qu’il lutte pour un Portugal « sûr et digne ».
Trente-sept personnes ayant « de vastes antécédents criminels » et « des liens avec des groupes de haine internationaux » ont été arrêtées mardi dans tout le pays lors de l’opération « Irmandade », dans le cadre de laquelle 15 autres personnes ont été mises en examen et 65 perquisitions ont été effectuées, a alors annoncé la PJ dans un communiqué.
Les personnes arrêtées, âgées de 30 à 54 ans, « adoptaient et diffusaient une idéologie nazie, inhérente à la culture national-socialiste et à l’extrême droite radicale et violente, agissant pour des motifs racistes et xénophobes, dans le but d’intimider, persécuter et contraindre les minorités ethniques, notamment les immigrants ».
Parmi les personnes arrêtées se trouvent un agent de la PSP et un militaire, ont indiqué mardi cette force de police et une source liée à l’enquête.
L’organisation, dotée d’une structure hiérarchique et d’une répartition des fonctions, est « responsable de la commission de crimes de discrimination et d’incitation à la haine et à la violence, de menace et de contrainte aggravées, d’offense qualifiée à l’intégrité physique et de détention d’armes interdites », précise dans la note la PJ.
Lors d’une conférence de presse mardi, la directrice de l’Unité Nationale de Lutte Contre le Terrorisme de la PJ a admis que le groupe néonazi n’avait pas d’action préparée, mais a souligné qu’il existait l’intention de commettre un acte criminel.
Patrícia Silveira a également révélé que des « éléments pertinents pour l’enquête » avaient été saisis lors des perquisitions de la cellule de Mário Machado, qui donnerait des instructions à l’organisation depuis la prison, où il purge depuis l’an dernier une peine dans le cadre d’un autre procès pour incitation à la haine.
« Nous sommes intervenus ici de manière préventive, parce que nous ne voulons pas voir des gens rester invalides, ni des maisons incendiées, ni des personnes tuées », a souligné, lors de la conférence de presse, le directeur national de la PJ, Luís Neves, après avoir rappelé, entre autres cas, l’homicide du Cap-verdien Alcindo Monteiro par des ‘skinheads’ dans le Bairro Alto, à Lisbonne, en juin 1995.
Aucune prévision n’est faite quant au moment où seront connues les mesures de coercition appliquées par le Tribunal Central d’Instruction Criminelle aux 37 détenus mardi.
