Le ministre de l’Agriculture, José Manuel Fernandes, a envoyé une vidéo aux techniciens de l’Institut de Conservation de la Nature et des Forêts (ICNF) où il a appelé à la proactivité et a soutenu que, lorsque la législation empêche la réalisation de projets, il faut se demander si la loi a du sens, en rappelant qu’elle peut être modifiée.
Après cette information, le ministre a demandé sur les réseaux sociaux la démission des responsables de la divulgation de ce contenu, les accusant d’être « menteurs, lâches et radicaux ».
Aujourd’hui, dans un communiqué, ZERO – Associação Sistema Terrestre Sustentável a estimé que les déclarations de José Manuel Fernandes au sujet des dirigeants de l’ICNF « remettent en cause l’état de droit et violent le Code de Conduite du Gouvernement ».
« Et elles représentent une attaque inédite à la dignité des institutions de conservation de la nature. Pour ZERO, ce comportement ne constitue pas simplement une rupture avec le protocole, mais est une attaque directe à l’autonomie technique de l’Administration Publique et une violation des normes régissant l’exercice des fonctions politiques au Portugal », précise l’association.
Concernant les déclarations du ministre dans la vidéo, ZERO considère également « inacceptable » le principe « si la loi empêche d’approuver des projets, on change la loi » comme réponse aux évaluations et avis techniques qui ont conduit au rejet de certains projets.
« ZERO rappelle que le gouvernement actuel a approuvé, par la Résolution du Conseil des Ministres n.º 103/2025, un Code de Conduite obligeant ses membres à respecter de hauts standards d’éthique », raison pour laquelle il affirme que les déclarations du ministre de l’Agriculture et des Pêches constituent « une violation directe et grossière des devoirs du Principe de l’Urbanité ».
Pour l’association, en qualifiant de « radicaux » et « lâches » les dirigeants d’un organisme technique, le gouvernant « tente de politiser la science et la gestion du territoire ».
« Cette attitude révèle une tentative inacceptable de conditionner l’action des techniciens dont la mission est de défendre le patrimoine naturel, en suggérant que respecter la législation est un acte de « radicalisme », ajoute-elle.
Pour ZERO, « dans un contexte où le Portugal fait face à des défis climatiques et de biodiversité critiques », le pays « a besoin d’un ICNF fort, indépendant et respecté, et non d’une autorité nationale de conservation de la nature et de la biodiversité humiliée par sa propre tutelle politique ».
Cette situation a déjà suscité des critiques du PS, qui samedi a accusé le gouvernement d’exercer une « pression illégitime » sur les entités en charge des évaluations d’impact environnemental, comme l’ICNF et l’APA, et a demandé l’audition urgente au parlement du ministre de l’Agriculture et des Pêches.