L’Opération Adamastor, qui s’est déroulée ces derniers jours en haute mer, a conduit à l’arrestation de quatre personnes, un Vénézuélien et trois Colombiens, ce vendredi, lorsque le groupe a été intercepté par les autorités à plus de 200 milles des Açores.
Parmi les images de l’opération et les détails fournis par les autorités, qui auraient effectué dans ce cadre la plus grande saisie de cocaïne de tous les temps, et les 35 des 300 ballots de cette drogue qui ont été perdus dans l’océan Atlantique, la police judiciaire s’est dite « surprise » par la quantité de drogue qui était transportée d’Amérique du Sud pour entrer dans les circuits de distribution de « plusieurs pays » européens.
Le bateau était « technologique », bien que « artisanal »
Au cours des derniers mois, il s’agissait du troisième sous-marin détecté avec de tels objectifs par les autorités, mais ce qui distingue cette opération des deux autres est réellement la quantité à bord.
« La quantité en elle-même nous a surpris. Nous ne nous attendions sûrement pas à trouver autant de drogue sur ce bateau », a révélé lors d’une conférence de presse ce dimanche après-midi le directeur de l’Unité nationale de lutte contre le trafic de stupéfiants (UNCTE) de la PJ, Artur Vaz.
Selon le responsable de la PJ, ce sous-marin n’est pas « archaïque », mais est une « construction artisanale » avec beaucoup de technologie, permettant de stocker de grandes quantités de drogue.
« C’est un bateau qui a la capacité de traverser l’Atlantique de manière discrète », a-t-il indiqué, révélant que les propres caractéristiques de ce bateau rendent le travail des autorités difficile. Il a expliqué : « Seulement une partie du bateau émerge de l’eau. Même les matériaux et les peintures rendent la détection extrêmement difficile. Il se confond beaucoup dans l’eau et dans des conditions de mer défavorables [comme celles rencontrées pendant l’opération], tout est devenu encore plus difficile. »
En renforçant le fait que la quantité de drogue à bord était effectivement « surprenante », Artur Vaz a souligné : « Au cours de ces dix derniers mois environ, c’est le troisième détecté et intercepté. D’autres transportaient des quantités moindres, et c’est en effet la première fois que nous nous confrontons à une telle quantité à l’intérieur d’un bateau de ce type. C’est pourquoi nous avons été surpris par le volume élevé de drogue transporté. »
En rappelant que le semi-submersible a coulé, et qu’il a été possible de retirer les quatre personnes avant que cela ne se produise, le responsable de la PJ a expliqué que ce dernier avait des compartiments plus grands, augmentant ainsi sa capacité à transporter de la cocaïne.
« Ces dernières années, on a constaté une augmentation significative de la production de cocaïne en Amérique latine et de la consommation en Europe. D’où cette augmentation du trafic », a-t-il déclaré, qualifiant le marché européen de « lucratif » pour ces organisations de trafic de drogue.
Dans la matinée de ce dimanche, la PJ a émis un communiqué expliquant que l’Opération Adamastor, telle qu’elle a été nommée, a débuté ces derniers jours grâce à la « collaboration étroite et à l’articulation de la police judiciaire avec les autorités des États-Unis – DEA (Drug Enforcement Administration) et JIATF-S (Joint Interagency Task Force South), ainsi que du Royaume-Uni – NCA (National Crime Agency), dans le cadre du MAOC-N (Centre d’analyse et d’opérations maritimes – Stupéfiants) ». L’opération a également bénéficié du soutien du Département d’enquête criminelle des Açores de la PJ.
L’enquête est poursuivie par la PJ, en coordination avec des autorités partenaires d’autres pays, dans le cadre d’une enquête menée par le DIAP du Comté des Açores.
