La date de lecture du jugement a été fixée par le collectif de juges lors de l’audience tenue cet après-midi, dans les locaux du tribunal.
L’audience a servi à discuter la contestation introduite par deux des prévenus concernant la liquidation de biens que le Ministère Public (MP) a jugée incongruente par rapport aux revenus déclarés respectifs.
Selon des documents consultés par l’agence Lusa, la requête présentée par le MP identifie des biens prétendument incongruents de huit prévenus dans le procès, six personnes et deux entreprises, pour une valeur globale de 2.179.869,13 euros.
Cependant, seuls deux des prévenus, représentés par les avocats Teresinha Ramos et Cordeiro Lopes, ont contesté la demande de liquidation de biens incongruents.
Contactée par l’agence Lusa, l’avocate Teresinha Ramos a déclaré qu’elle a présenté à l’audience d’aujourd’hui sa contestation de la liquidation de biens incongruents de son client et a fourni une preuve documentaire indiquant que ce même patrimoine « est licite », et que ces « fondements ont obtenu l’accord du MP ».
« La procureure du MP a estimé que j’avais raison, d’après les preuves documentaires que j’ai jointes à l’opposition de mon client », a-t-elle avancé.
Ceci est l’un des procès résultant de la dénommée « Opération Espelho », menée par la Police Judiciaire (PJ) en novembre 2023, liée à l’exploitation présumée de dizaines de travailleurs immigrés dans des propriétés agricoles en Alentejo.
En cause sont 30 crimes de trafic de personnes, ainsi que des crimes d’aide à l’immigration illégale, d’association criminelle pour l’aide à l’immigration illégale et de blanchiment d’argent, entre autres.
Le procès a débuté le 20 octobre 2025, avec au départ un total de 20 prévenus. Cependant, le tribunal a entre-temps décidé que trois d’entre eux seraient jugés séparément.
Dans les plaidoiries finales, le MP a demandé la condamnation de huit personnes, l’acquittement de deux autres prévenus et de deux entreprises (une pour chacun de ces prévenus) et la dissolution de cinq entreprises.
Également au Tribunal de Beja, est jugée, depuis le 15 décembre 2025, une autre affaire de « l’Opération Espelho », également centrée sur l’exploitation de travailleurs immigrés en Alentejo.
Cette autre affaire concerne 34 prévenus, dont 22 personnes et 12 entreprises (il y en avait une de plus, mais lors de la première session le collectif de juges a décidé de l’isoler pour un procès autonome).
Selon les actes d’accusation et de renvoi, consultés par l’agence Lusa, ils répondent de crimes de traite d’êtres humains, d’association criminelle, d’aide à l’immigration illégale, d’association d’aide à l’immigration illégale, de blanchiment d’argent, de falsification de documents ou de détention d’arme interdite.
Huit des prévenus dans cette affaire sont roumains et cinq sont portugais, provenant de diverses municipalités du district de Beja. Les autres sont de diverses nationalités étrangères, selon le Ministère Public (MP).
