L’album est intitulé « Ls Xarutos de l Faraó » (« Les Cigares du Pharaon »), présenté, selon ses promoteurs, comme « une initiative qui associe la culture et la langue mirandaise à la bande dessinée la plus classique, ayant pour base un personnage portugais qui fait partie des aventures de Tintin, nommé Oliveira da Figueira, avec les mille premiers exemplaires traduits par Alcides Meirinhos désormais sur le marché ».
Dans des déclarations à l’agence Lusa, Daniel Sasportes a affirmé que c’est la première aventure de Tintin traduite en mirandais, disponible en couverture rigide au prix de 18 euros.
« Les albums de Tintin sont traduits en plusieurs langues, le mirandais étant la seule langue minoritaire reconnue officiellement au Portugal, il semblait donc logique d’avoir aussi une version dans cette langue », a-t-il indiqué.
Selon Daniel Sasportes, le choix de « Les Cigares du Pharaon » n’est pas aléatoire, car c’est dans cet album qu’apparaît pour la première fois Oliveira da Figueira (Oulibeira de la Figueira), le seul personnage portugais récurrent de la série, soulignant ainsi le symbolisme de l’édition ».
« Ce lancement constitue non seulement une nouveauté dans l’univers ‘tintinophile’, mais aussi une contribution importante à la valorisation de la diversité linguistique au Portugal », a souligné Daniel Sasportes.
Selon Sasportes, cette idée de traduire Tintin remonte à plusieurs années et elle a maintenant pu se concrétiser.
Daniel Sasportes a précisé à Lusa que l’album de Tintin en mirandais est édité par le Belge Casterman.
« Nous n’avons aucun droit sur l’œuvre, qui appartient à Tintinimaginatio, et qui commercialise l’album à ceux qui le demandent, soit par le biais de ventes numériques, soit dans des ’boutiques’ spécialisées ou des librairies qui souhaitent le proposer, comme cela a déjà été le cas dans une librairie à Porto », a-t-il souligné.
« Cette édition de l’album de Tintin en mirandais est une idée d’un Portugais avec une traduction d’un Mirandaise, mais dont tous les droits sont belges », a-t-il indiqué.
Alcides Meirinhos a expliqué à Lusa – en mirandais – que la traduction de ce livre des aventures de Tintin a été un défi intéressant, mais au début un peu difficile et laborieux.
« Plus on traduisait, plus on voulait le faire. Je pense que nous avons réussi à donner une touche mirandaise à toute cette aventure de Tintin », a-t-il expliqué.
Également membre de l’Association de la Langue et Culture Mirandaises (ALCM), il a déclaré qu’un des objectifs de cette traduction est de promouvoir et sauvegarder la langue mirandaise.
« C’est une façon de montrer que la langue mirandaise peut être utilisée dans la traduction de classiques, quels que soient leurs genres », a-t-il indiqué.
Les intervenants de cette traduction espèrent maintenant que ce sera la première de nombreuses autres concernant les aventures de Tintin.
Le mirandais a été officiellement reconnu il y a 27 ans, par la loi 7/99, qui a fait de cette langue la deuxième langue officielle au Portugal. Adoptée le 17 septembre 1998, cette loi est entrée en vigueur le 29 janvier 1999.
