Tarifs ? AIP demande au gouvernement plus de soutien pour les entreprises.

Dans un document envoyé au ministère de l’Économie, auquel la Lusa a eu accès, l’AIP a fait part de plusieurs recommandations de mesures au gouvernement, en commençant par la surveillance du potentiel de redirection « de la production destinée aux États-Unis vers le marché européen par la Chine et d’autres producteurs affectés par les tarifs, entraînant une augmentation significative de la concurrence, sur un marché qui absorbe 80 % des ventes extérieures de la production nationale ».

 

L’association souhaite négocier et établir un accord au niveau de l’Union Européenne pour prévenir ces situations, appelant également le gouvernement à jouer « un rôle actif dans les relations bilatérales dirigées par la Commission européenne, en défendant les intérêts particuliers des entreprises portugaises ».

Selon l’AIP, des instruments de soutien à l’investissement direct et à la trésorerie devraient également être mis en place, passant par « un instrument financier soutenu par une garantie publique pour les investissements directs des entreprises portugaises aux États-Unis » et par le soutien à « la trésorerie des entreprises dont la production a été directement affectée par les mesures douanières ».

En ce qui concerne l’emploi, l’AIP a demandé des « mécanismes flexibles de gestion du travail (‘lay-off’ total ou partiel) jusqu’à ce que les relations commerciales soient réajustées » et un « programme de requalification professionnelle, avec un accent particulier sur le domaine du commerce international ».

Selon l’AIP, les « protocoles d’assurance-crédit pour les entreprises exportatrices vers des marchés alternatifs à celui des États-Unis » doivent également être renforcés et des « fonds de garantie pour les transactions commerciales avec des marchés alternatifs à celui des États-Unis » doivent être créés.

Pour l’association, les montants alloués à l’agenda STEP, créé par l’Union Européenne pour soutenir l’industrie européenne et stimuler l’investissement dans les technologies critiques, doivent également être réorientés. « La réaffectation d’une partie du montant maintenant réorienté pourrait être une solution de financement pour les mesures de soutien à mettre en œuvre, en proposant d’affecter une valeur non inférieure à 500 millions d’euros pour les mesures maintenant proposées », a-t-elle indiqué.

Les entreprises associées à l’AIP, qui ont répondu à une enquête, envisagent d’adopter (ou ont déjà adopté) plusieurs mesures, passant par la redirection vers de nouveaux marchés, « surtout les moins affectés par les changements tarifaires » et par une « stratégie de réexportation en profitant des marchés bénéficiant de tarifs plus bas, en assurant les conditions pour la certification d’origine ».

Selon l’association, les sociétés ont mentionné l’« ajustement des marges commerciales pour atténuer l’impact des tarifs » et souhaitent tirer parti de « la différence de tarifs entre l’UE (20 %) et la Chine (34 %) pour concurrencer dans certains segments de marché ».

Les entreprises envisagent également de « renforcer l’internationalisation en investissant directement aux États-Unis », ainsi que de « mettre en œuvre des processus d’amélioration continue pour renforcer la compétitivité par la réduction des coûts » et « améliorer les capacités internes de connaissance du commerce international ».

Le ministère de l’Économie va se réunir avec des associations d’entreprises de divers secteurs entre aujourd’hui et mercredi pour évaluer « l’impact et les mesures d’atténuation » des tarifs que le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncés mercredi, de 20 % sur des produits importés de l’Union Européenne, ce qui s’ajoute aux 25 % déjà en vigueur sur les secteurs de l’automobile, de l’acier et de l’aluminium.

Les nouvelles taxes de Trump sont, selon le président américain, une tentative de faire croître l’industrie des États-Unis, tout en punissant les pays pour ce qu’il a qualifié d’années de pratiques commerciales déloyales.