Syndicats préoccupés par la gouvernance de Lusa : « Méprisés »

Syndicats préoccupés par la gouvernance de Lusa : "Méprisés"

Lisbonne, 09 janvier 2026 — Les syndicats représentant les travailleurs de Lusa déclarent être « méprisés » dans le processus de décisions concernant l’avenir de Lusa et se disent « préoccupés » par la gouvernance de l’agence.

Dans un communiqué diffusé par le Syndicat des Journalistes, les structures ont indiqué avoir « adressé plusieurs demandes de réunion au ministre de la Présidence, António Leitão Amaro, à propos des changements envisagés par le Gouvernement dans la gouvernance et les statuts de Lusa ».

Rappelant que le ministre a la tutelle des médias, ils ont précisé qu’il avait « refusé de se réunir avant toute décision prise ».

« Les décisions sur la manière dont la seule agence de presse du Portugal doit être gouvernée, contrôlée et doit exécuter la mission de service public de journalisme ne peuvent être prises à huis clos », ont-ils défendu, soulignant que ces décisions intéressent « tous les citoyens ».

« Il n’est pas admissible que les syndicats continuent d’être méprisés, qui plus est en contradiction avec la loi. Il est nécessaire qu’ils soient entendus avant le fait accompli, et non après, comme le souhaite le ministre », ont-ils critiqué dans le même communiqué.

Les syndicats considèrent « préoccupant » que le plan de restructuration envisagé pour Lusa, « qui inclut la révision du modèle de gouvernance de l’agence et de ses statuts, soit déroulé » en dehors de leur consultation.

Pour les structures syndicales, « les intentions jusqu’à présent connues ne garantissent pas les mécanismes nécessaires à la sauvegarde de l’indépendance de la seule agence de presse portugaise ».

Selon les syndicats, « l’option apparemment préconisée par le Gouvernement ne respecte pas, d’entrée de jeu, le Règlement Européen relatif à la Liberté des Médias (European Media Freedom Act) », qui exige « d’assurer l’indépendance des fournisseurs publics de journalisme vis-à-vis du pouvoir politique ».

Ainsi, ont-ils souligné, « des garanties doivent être créées face aux risques d’influence externe, notamment d’ingérence et de contrôle politique dans la ligne éditoriale et la gouvernance », garantissant l’indépendance des journalistes.

De plus, selon les syndicats, il est essentiel de discuter des moyens attribués à Lusa pour accomplir la mission de service public, soulignant qu’il existe également « le risque que les synergies avec la RTP compromettent l’indépendance et l’autonomie » de l’agence.

« En ce qui concerne les travailleurs, la seule intention connue est d’ouvrir un processus de résiliations d’un commun accord — sans être dûment expliqué et quantifié — alors qu’il est urgent de renforcer le personnel et de dignifier les salaires et les carrières », ont-ils ajouté.

Ainsi, les syndicats représentatifs des travailleurs de Lusa estiment qu’il est « essentiel » d’avoir « un processus transparent et avec débat public, y compris au parlement », sur le modèle de gouvernance et le renforcement des garanties d’indépendance de gestion et éditoriale de l’agence.