« Depuis le début de l’année, des dizaines de nominations en régime de substitution pour des dirigeants et chefs fiscaux et douaniers ont été publiées au Journal officiel — un nombre excessif qui, pour le Syndicat des Travailleurs des Impôts (STI), confirme ce qu’il dénonce depuis longtemps : la substitution est devenue la règle, non l’exception », critique le syndicat dans un communiqué émis aujourd’hui.
Pour le syndicat qui représente la majorité des travailleurs de l’Autorité fiscale et douanière (AT), la méthode utilisée pour pourvoir les postes de dirigeants révèle « un schéma persistant de manque de transparence, basé sur des substitutions prolongées et des concours qui tardent ou qui n’existent tout simplement pas ».
Selon un décompte réalisé par Lusa, à partir de quatre décrets signés par la directrice générale de l’AT, Helena Borges, à la fin de 2025, et publiés au Journal officiel le 06 janvier de cette année, au moins 70 fonctionnaires ont été récemment nommés en régime de substitution, pour des postes de chef des Finances dans plusieurs services des Finances du pays.
Parmi les 70 identifiés par Lusa, 64 ont été désignés en substitution « par vacance du poste » et six « par empêchement du titulaire du poste ».
Les nominations se réfèrent aux avis 237, 238, 239 et 240, publiés au Journal officiel le 06 janvier.
Pour procéder aux désignations en substitution, la directrice générale de l’AT se base sur l’article 33 du Décret-Loi n° 132/2019, relatif aux carrières spéciales de l’AT, qui permet que « les chefs fiscaux et douaniers puissent être exercés en régime de substitution dans les cas d’absence ou d’empêchement du titulaire respectif, lorsque ces contraintes devraient persister plus de 60 jours, ou en cas de vacance du poste, sans préjudice d’assurer dans tous les cas les fonctions correspondantes auxdits postes ».
Le Syndicat des Travailleurs des Impôts estime que ces décisions, « loin de renforcer la confiance interne au sein de l’AT, aggravent la perception que les postes dirigeants et de chef sont devenus une carrière parallèle, accessible uniquement à ceux qui occupent déjà le poste — souvent à travers des nominations successives en régime de substitution, qui perpétuent les inégalités et bloquent l’accès à des concours équitables ».
« Le Syndicat juge inacceptable que l’AT continue d’ignorer les principes de base de la transparence, du mérite et de l’égalité des chances, optant pour des solutions qui fragilisent la crédibilité de l’institution et nuisent aux travailleurs », écrit le STI dans le communiqué.
« Le STI réaffirme, de manière non équivoque, qu’il n’accepte pas que l’exception se transforme en règle, que le régime de substitution soit utilisé comme un raccourci pour légitimer des nominations définitives, ni que l’AT continue de s’écarter des meilleures pratiques de l’Administration publique, ignorant la transparence, le mérite et l’égalité des chances », critique-t-il.
Le syndicat affirme qu’il ne renonce pas à ce qu’il appelle « la lutte pour une véritable valorisation des postes dirigeants et des chefs fiscaux, et pour une structure réellement claire, juste et alignée avec l’intérêt public, y compris la création d’un directeur national de l’AT, avec une rémunération compatible avec la dimension, l’importance pour le pays et les exigences d’une institution comme l’AT ».
