Dans un communiqué, le MUSP critique le gouvernement pour ce qu’il considère être une « gestion désastreuse du chemin de fer », en répondant « au manque d’investissement, de solutions et de trains (…) par l’achat de matériel roulant avec de l’argent public, pour ensuite livrer aux privés les lignes urbaines les plus rentables du pays ».
Le gouvernement a annoncé jeudi qu’il allait avancer avec la sous-concession des lignes urbaines de Cascais, Sintra/Azambuja, Sado et Porto, actuellement gérées par la CP — Comboios de Portugal, qui a été mandatée pour, dans un délai de 90 jours, présenter des propositions pour remettre ces tronçons à des entités privées.
La décision « confirme le choix de l’exécutif pour un modèle qui affaiblit le service public et transfère aux opérateurs privés les infrastructures et services les plus rentables, financés entièrement par les contribuables », dénonce le MUSP dans un communiqué diffusé dimanche.
Rappelant que les lignes en question sont parmi les « liaisons avec une plus forte demande et des résultats positifs », le mouvement des usagers accuse le gouvernement de promouvoir « la ruine » de la CP et de l' »amputer » de « recettes essentielles pour sa durabilité ».
De plus, il ajoute que le modèle de sous-concession « n’assure pas un meilleur service aux populations », comme le montre l' »expérience de Fertagus », cible de « plaintes constantes des usagers concernant les retards, les suppressions de circulations et les conditions de transport ».
Réclamant plus d’investissement public, la modernisation du matériel roulant et le renforcement des travailleurs, le MUSP s’engage à « développer toutes les actions nécessaires, y compris des formes de lutte, pour empêcher ces attaques contre le service public et les usagers ».
Le gouvernement déclare avoir pris la décision de remettre les quatre lignes urbaines aux privés après avoir analysé une étude préliminaire commandée par la CP sur la viabilité économique et financière des sous-concessions.
Le ministre des Infrastructures et de l’Habitation, Miguel Pinto Luz, a précisé que les appels d’offres pour les sous-concessions seront lancés « au second semestre de l’année » et que la CP « va gérer toutes les sous-concessions ».
Les quatre lignes à sous-concessionner — s’étendant sur 355 kilomètres — ont transporté 166 millions de passagers en 2024, un chiffre en augmentation depuis 2015.
