Le président de l’Administration Centrale du Système de Santé (ACSS), André Trindade, a été entendu aujourd’hui lors de la Commission de la Santé, à la demande du parti Chega, concernant l’enquête de la police judiciaire qui a conduit au démantèlement d’un groupe présumé impliqué dans l’aide à l’immigration illégale.
Parmi les personnes arrêtées figurent deux employées administratives d’une unité de santé familiale du nord du pays, soupçonnées d’avoir attribué indûment des numéros d’usager à l’aide de documents supposément irréguliers.
« Ce n’est pas un cas isolé ni un lapsus administratif. L’enquête recense à ce jour 16 arrestations et 26 mis en examen impliquant divers profils », a déclaré la députée du parti Chega Cristina Henriques.
Elle a également averti : « Le numéro d’usager n’est pas un détail informatique, c’est la clé d’accès aux soins, prescriptions et ressources. Si le système est perméable, le SNS perd en intégrité, les données deviennent peu fiables et la planification est compromise ».
André Teixeira a affirmé que l’inscription au SNS ne garantit pas automatiquement un accès gratuit aux soins de santé, expliquant qu’il est nécessaire que les informations soient traitées et validées pour qu’une personne devienne bénéficiaire du Système National de Santé.
« Cette question du paiement ne se pose qu’à la fin de la prestation des soins et non à l’entrée dans le système, ce qui est aussi un autre aspect très important, qui peut souvent prêter à confusion », a-t-il souligné.
En référence à l’affaire en cours d’investigation, le responsable a révélé que les « enregistrements présumés effectués dans les soins de santé primaires ne représentent que 5% des enregistrements de l’ULS elle-même ».
« Je dirais que 97% des enregistrements n’ont même pas donné droit à un médecin de famille et, par conséquent, 90% des cas présumés ont obtenu le statut de tiers payant », ce qui signifie que les supposés bénéficiaires auraient dû payer les soins s’ils avaient eu recours au Système National de Santé.
Le président de l’ACSS a clarifié que l’attribution du numéro national d’usager (NNU) n’a pas de lien avec le processus de légalisation sur le territoire national : « Ce n’est pas parce qu’on possède le NNU que les questions de légalisation sont résolues », a-t-il souligné.
Il a également expliqué que le SNS, contrairement, par exemple, aux institutions bancaires ou à d’autres institutions de l’État, n’a pas l’autorisation de croiser les données.
« Pour tout usager, à ce jour, s’inscrire au SNS, il doit apporter tous ses documents et les preuves de cette documentation », qui doit être vérifiée manuellement, par la présence physique de l’usager au guichet des unités de santé.
André Teixeira a indiqué que l’ACSS avait cherché auprès de la Commission Nationale de Protection des Données à obtenir « une certaine facilité pour effectuer ce croisement de données », mais n’a pas obtenu ce consentement, assurant qu’il continuera à essayer.
Le responsable a noté qu’il existe des situations d’interopérabilité du Registre National des Usagers (RNU), expliquant que certains processus, comme la perte de la carte d’identité ou certaines procédures de l’Agence pour l’Intégration, Migrations et Asile (AIMA), mettent automatiquement à jour les numéros d’usager, sans toutefois garantir le statut de bénéficiaire du SNS.
En ce qui concerne les plaintes, le président a souligné que l’ACSS et les Services Partagés du ministère de la Santé reçoivent plus de 20 000 demandes des tribunaux concernant des informations dans le cadre de procédures.
« Nous ne recevons normalement pas de plaintes de cette nature, et comme ce fut le cas, ce sont des plaintes qui arrivent au tribunal, au ministère public, qui se développent par la suite, mais lorsque les tribunaux nous demandent des informations, ils ne nous précisent pas dans quel contexte cette information est demandée », a-t-il expliqué.
Selon André Teixeira, l’information est toujours fournie en temps opportun, sinon ils risquent d’être sanctionnés.
