« Avec beaucoup de franchise, nous avons géré le bénévolat de manière très crue et pragmatique, pour éviter que des accidents ne se produisent, comme cela est déjà arrivé », a déclaré Bruno Gomes à l’agence Lusa, depuis le centre de commande municipal improvisé de protection civile.
Par conséquent, « des volontaires sans expérience, sans formation, monter sur un toit dans les conditions météorologiques actuelles et compte tenu des conditions d’habitabilité des maisons à l’heure actuelle représente un risque, et nous devons admettre que nous n’avons pas la capacité de secours que nous avions auparavant », a expliqué le maire de l’un des municipes les plus touchés par la dépression Kristin.
« Nous voulons du bénévolat, oui, mais surtout qu’il soit spécialisé », a poursuivi le maire, soulignant le manque d’énergie et de communications comme les problèmes principaux de la commune.
« À l’heure actuelle, 66 % du territoire est encore sans électricité, nous rencontrons des contraintes, même avec certains générateurs qui tombent en panne, et plus de 60 % de la commune est également sans télécommunications », a résumé le maire, soulignant que le mauvais temps récent, avec des pluies intenses, complique les travaux.
« Il y a de nombreuses habitations pour lesquelles nous ne parvenons pas à garantir la sécurité et l’habitabilité et, pour cette raison, nous avons déjà dû reloger un groupe de personnes, et les prochains jours ne s’annoncent pas faciles, car nous continuons à subir ces conditions météorologiques », a expliqué le socialiste Bruno Gomes.
En raison de ce mauvais temps, « les grandes difficultés résident dans la main-d’œuvre nécessaire pour poser des bâches, des toiles, des plastiques sur les habitations et effectuer les travaux qui incombent normalement aux entrepreneurs et aux maçons, car nous avons des milliers de logements pour lesquels nous ne pouvons pas trouver de main-d’œuvre spécialisée ».
En outre, il y a pénurie de tuiles : « Il n’y a plus de tuiles, en partie parce qu’un ensemble de maisons ont des tuiles qui ne sont plus produites, ce qui complique beaucoup les travaux, et de plus, les structures qui soutiennent ces tuiles sont en bois, dont beaucoup sont déjà fragilisées et ne peuvent même plus être récupérées », a-t-il ajouté.
Les autorités sont également préoccupées par les glissements de terrain, dus aux pluies et à l’absence de racines pour les soutenir.
« Nous avons un ensemble de talus qui, à cause de la chute d’arbres de grande taille, provoquent une grande instabilité et nous avons dû couper l’accès au Lago Azul, où se trouve actuellement un hôtel hébergeant plus de cent athlètes, car la plateforme de la voie cède et ne garantit pas des conditions de sécurité ».
Concernant la réhabilitation du réseau électrique, « il n’y a pas d’attentes de grandes améliorations dans les jours à venir », a ajouté Bruno Gomes.
« J’ai reçu le président de l’E-redes hier [dimanche] et la voie à suivre pour l’instant est de garantir des générateurs pour chaque centre paroissial pour que nous puissions avoir de l’énergie, leur permettant de recharger leur téléphone portable ou d’allumer un ordinateur », a-t-il expliqué, soulignant que la commune a encore deux centres scolaires sans énergie et pour les rouvrir, davantage de générateurs sont nécessaires.
« La perspective est que, d’ici 30 jours, nous aurons peut-être 80 % du territoire avec de l’énergie », a résumé Bruno Gomes.
