Dans un communiqué, l’Ordre des Médecins (OM) déclare reconnaître l’intention de promouvoir l’utilisation rationnelle des ressources, mais souligne que tel que le décret est conçu, il crée des « obstacles inutiles » à l’accès pour les patients, fragilise la continuité des soins et introduit des « contraintes organisationnelles » dans un système « déjà sous forte pression ».
Le décret, datant d’avril de l’année dernière et qui établit le régime exceptionnel de prise en charge des technologies de santé pour l’autosurveillance de la glycémie et le contrôle du diabète sucré, limite la prescription aux médecins spécialistes en Endocrinologie et nutrition, Médecine Interne, Pédiatrie et Médecine Générale et Familiale.
Pour l’OM, en limitant la prescription à certaines spécialités, le décret « empêche les patients cliniquement stabilisés de pouvoir bénéficier d’un renouvellement thérapeutique dans le cadre de leur suivi régulier, engendre des retards évitables et surcharge les services hospitaliers et les consultations spécialisées ».
Il est également mentionné que forcer des référencements formels à des fins purement administratives « ne renforce ni la qualité ni la sécurité clinique », augmente la bureaucratie et « prolonge les parcours de soins ».
L’Ordre rappelle que la prescription est un acte médical, basé sur l’évaluation individuelle et la responsabilité scientifique du médecin et que sa « restriction générique » – sans fondement technico-scientifique robuste – représente « une limitation injustifiée de l’autonomie clinique et ne sert pas l’intérêt supérieur du patient, mais au contraire le nuit ».
Dans la note, l’OM appelle à une « révision urgente » de ce décret, en préservant la durabilité du système sans compromettre l’accès, la qualité et la sécurité des soins, et se déclare disponible pour collaborer techniquement « à la définition de solutions équilibrées et centrées sur les personnes atteintes de diabète ».
La semaine dernière, dans une pétition publique, la Société Portugaise de Cardiologie avait déjà alerté sur la nécessité de mettre fin à ces restrictions de prescription.
