Le Ministère de l’Éducation, de la Science et de l’Innovation (MECI) a récemment annoncé son intention d’annuler la modification introduite en 2023 par le gouvernement socialiste de l’époque concernant le régime d’accès à l’enseignement supérieur, qui avait établi un minimum de deux épreuves d’entrée.
La proposition de la tutelle rétablit la possibilité pour les établissements d’enseignement supérieur de fixer entre une et trois épreuves d’entrée obligatoires, un changement qui ne fait pas consensus parmi les représentants étudiants.
Dans un avis envoyé au MECI, la Fédération Académique de Porto (FAP) se déclare défavorable, affirmant que le modèle actuel « contribue à un régime d’accès plus juste, transparent et robuste », tandis que l’exigence d’une seule épreuve pourrait introduire des « distorsions dans le processus de sélection ».
« Une évaluation excessivement concentrée sur un moment isolé tend à amplifier le poids de facteurs contingents et circonstanciels, étrangers au parcours académique global de l’étudiant, introduisant des risques accrus de distorsion dans un système d’accès hautement compétitif, où des différences marginales de classement ont des effets déterminants », argumente la FAP.
Par ailleurs, les étudiants de Porto critiquent les modifications successives du régime d’accès à l’enseignement supérieur, soulignant la nécessité de périodes minimales de stabilité pour évaluer de manière comparative et fiable l’impact des mesures.
Bien qu’approuvées en 2023, les nouvelles règles d’accès à l’enseignement supérieur, avec l’obligation d’au moins deux épreuves d’entrée, n’ont commencé à être appliquées qu’au concours national d’accès de 2025, après une période de transition.
Le ministre de l’Éducation, de la Science et de l’Innovation, Fernando Alexandre, avait déjà exprimé son désaccord avec la mesure de son prédécesseur, mais s’était opposé à de nouvelles modifications du régime, décision qu’il a renversée après avoir pris connaissance des conclusions d’une analyse sur la réduction du nombre de candidats.
Selon Fernando Alexandre, l’introduction de deux épreuves d’entrée obligatoires a écarté environ 2 000 élèves qui, bien qu’ayant terminé l’enseignement secondaire, ne se sont pas inscrits à l’enseignement supérieur.
« Cette instabilité normative nuit à la prévisibilité du système et pénalise les étudiants, qui organisent leur parcours dans l’enseignement secondaire en fonction de règles qui s’avèrent volatiles », alerte la FAP.
De son côté, la Fédération Académique de Lisbonne (FAL) salue la proposition du Gouvernement, estimant que la modification précédente « a introduit un degré excessif d’inflexibilité dans l’accès à l’enseignement supérieur, avec des effets potentiellement exclusifs sur certains profils d’étudiants ».
En particulier, la FAL indique que le modèle à deux épreuves obligatoires est particulièrement pénalisant pour les étudiants qui, dans l’enseignement secondaire, ont opté pour des filières professionnelles, artistiques ou technologiques.
Du côté des instituts polytechniques, la Fédération Nationale des Associations Étudiantes de l’Enseignement Supérieur Polytechnique (FNAEESP) considère le modèle actuel inadapté et, en novembre, avait déjà soutenu la modification désormais proposée par le Gouvernement.
À l’époque, la fédération avait proposé « l’exigence de réaliser des examens uniquement pour fins de preuve d’entrée à l’enseignement supérieur, permettant aux institutions de se concentrer sur la preuve qui représente le mieux les compétences essentielles pour suivre le cours ».
Mardi, le ministre de l’Éducation a confirmé que la modification du régime d’accès et d’entrée dans l’enseignement supérieur devrait s’appliquer aux candidats pour l’année académique 2026/2027.
