Lors d’une réunion informelle à Varsovie organisée sous la présidence du Conseil de l’UE par la Pologne, les ministres des Finances de l’Union discuteront des moyens d’accroître les opportunités d’investissement et de financer la défense et la sécurité de l’Europe, dans un contexte de tensions géopolitiques.
Au cours de cet événement, auquel le Portugal sera représenté par le ministre des Finances, Joaquim Miranda Sarmento, un rapport du groupe de réflexion économique Bruegel sera examiné, ce document ayant été commandé par la présidence polonaise de l’UE et proposant la création d’un mécanisme européen commun.
Ce document préconise un nouveau Mécanisme Européen de Défense, une institution intergouvernementale semblable au Mécanisme Européen de Stabilité créé pour l’assistance financière lors de la précédente crise économique, mais cette fois dans le but de créer un marché unique de l’industrie, financer des projets de grande envergure et inclure des partenaires hors UE (comme le Royaume-Uni).
Bruegel estime que l’UE pourrait devoir dépenser 250 milliards d’euros par an, soit l’équivalent de 3,5 % de son Produit Intérieur Brut (PIB), pour assurer sa sécurité face à la guerre en Ukraine provoquée par l’invasion russe.
La Pologne, pays en première ligne du conflit, milite pour la création d’une sorte de banque européenne afin de financer cet effort militaire.
La Commission Européenne a demandé aux États membres d’activer la clause de sauvegarde nationale d’ici la fin avril dans le cadre des règles budgétaires communautaires, ce qui permettrait de dépenser en matière de défense sans risquer un Procédure pour Déficit Excessif (PDE).
Bien que cela ne soit pas à l’ordre du jour de la réunion informelle, ce sujet pourrait être abordé, notamment en raison de la pression exercée par Bruxelles sur les pays.
Cela fait partie d’un plan de 800 milliards d’euros pour la défense dans l’UE, qui inclut cette activation de la clause de sauvegarde nationale des règles budgétaires afin d’éviter un PDE (pour l’augmentation des dépenses publiques en défense, avec un maximum de 1,5 % du PIB par an, ce qui représenterait 650 milliards d’euros en quatre ans) ainsi qu’un nouvel instrument européen de crédit en circonstances extraordinaires (d’un total de 150 milliards d’euros, semblable aux prêts à conditions favorables créés pendant la COVID-19 pour éviter le chômage).
Les autres axes du plan incluent la réaffectation des fonds d’autres programmes (comme la Cohésion, pour des projets d’utilisation civile et militaire), les fonds de la Banque Européenne d’Investissement (qui devrait voir ses règles assouplies pour ces investissements) ainsi que des capitaux privés.
Entre 2021 et 2024, les dépenses en matière de défense des États membres ont augmenté de plus de 30 %, atteignant 326 milliards d’euros, soit environ 1,9 % du PIB de l’UE.
Le Portugal a investi environ 1,55 % du PIB en défense l’année dernière.
Le gouvernement a annoncé jeudi qu’il prévoit d’anticiper l’objectif d’allouer 2 % du PIB aux dépenses de sécurité, objectif initialement fixé pour 2029, mais n’a pas encore décidé pour quelle date.