Prestation de services ? Marché « hautement attractif » pour les jeunes médecins.

Prestation de services ? Marché "hautement attractif" pour les jeunes médecins.

André Trindade a été entendu aujourd’hui par la Commission de la Santé, à la demande du PS, concernant les « postes vacants dans l’internat médical », étant interrogé par la députée Mariana Vieira da Silva sur la capacité du SNS à planifier les ressources humaines, le remplissage des postes médicaux et la distribution territoriale des professionnels.

 

Le président de l’ACSS a expliqué que depuis 2020, il y a eu un changement dans la tendance du remplissage des postes en internat médical, qui étaient auparavant presque totalement occupés, et a indiqué que des questionnaires réalisés en 2023 auprès des internes ont signalé la difficulté de trouver un poste dans la spécialité à l’hôpital ou dans la région choisie, pour ne pas s’inscrire en internat médical.

André Trindade a souligné que ces choix reflètent également des conditions structurelles de la société, telles que le coût de la vie et le marché du logement, qui influencent la décision des médecins en début de carrière.

Pour André Trindade, il est essentiel d’analyser ces réponses pour élaborer des mesures qui puissent répondre à ces besoins et atténuer le risque de continuer à avoir un nombre croissant de postes vacants à chaque concours.

Il a également mis en garde contre le « marché parallèle » créé par le régime de prestation de services médicaux, qui permet des gains immédiats en dehors du parcours de formation, expliquant qu’après la formation générale, avant la spécialité, « les médecins internes peuvent pratiquer la médecine de manière autonome », dans le cadre de ce régime.

« Avec le développement du régime de prestation de services médicaux, en fait, un marché parallèle fortement attractif s’est formé, qui paie, en termes relatifs, très bien immédiatement », mais, a-t-il affirmé, « dévalorise la carrière médicale et la formation spécialisée ».

« Cela ne dévalorise pas au sens financier. C’est parce que si on ne se forme pas, on reste sans spécialité », a-t-il soutenu, soulignant qu’il s’agit d’une corrélation observée, mais pas nécessairement causale.

Concernant l’adéquation des postes, André Trindade a précisé qu’il appartient à l’Ordre des médecins d’évaluer si chaque service hospitalier offre des conditions de formation adéquates, un critère qui ne coïncide pas toujours avec les préférences géographiques des candidats.

Cet équilibre entre offre de formation, qualité et distribution territoriale des postes est considéré comme un défi par l’ACSS, qui doit essayer d’équilibrer la nécessité de répondre aux usagers avec la nécessité de former les internes qui choisissent les spécialités.

André Trindade a argumenté qu' »une main-d’œuvre très vieillissante », non compensée par de nouvelles entrées, limite finalement l’adéquation nécessaire pour former plus d’internes, tout en augmentant la pression des soins.

Le président de l’ACSS a également assumé l’engagement, déjà en cours, de diffusion de l’information sur l’internat médical, indiquant que les données relatives aux processus de placement et de choix des postes seront désormais en permanentes disponibles sur le site de l’ACSS et, d’ici la fin de ce trimestre, seront intégrées au Portail de la Transparence.

L’information inclura l’historique des 10 dernières années, avec des données sur les postes ouverts, les postes remplis, les postes restants et les taux de remplissage respectifs, permettant une analyse continue du phénomène.

André Trindade a reconnu que cette information aurait pu être disponible plus tôt, mais a souligné que l’attention médiatique et politique croissante sur le sujet rend désormais essentiel l’accès élargi aux données par les universités, syndicats, ordres professionnels et la société en général.