Près de 39 000 personnes en traitement pour dépendance à l’alcool et aux drogues en 2024

Près de 39 000 personnes en traitement pour dépendance à l'alcool et aux drogues en 2024

« Bien que l’héroïne continue d’être la drogue principale la plus répandue parmi les usagers en ambulatoire, son importance a diminué », tandis que l’importance de la cocaïne a augmenté, « atteignant en 2024 les niveaux les plus élevés des dix dernières années », peut-on lire dans un rapport publié aujourd’hui par l’Institut pour les Comportements Addictifs et les Dépendances (ICAD).

Le Résumé Exécutif des Rapports Annuels pour 2024 de l’ICAD, qui rassemble des informations d’une série d’enquêtes et de baromètres sur les consommations et les dépendances réalisées ces dernières années au Portugal et en Europe, est présenté aujourd’hui lors d’une session à l’Auditorium Almeida Santos, à l’Assemblée de la République.

Bien que la tendance générale soit à la baisse des consommations, les ‘Estimations de la Consommation Problématique/à Haut Risque de Drogues de 2022’ ont indiqué, contrairement à ce qui se passe pour la consommation d’opiacés et de drogues injectables, « une augmentation du nombre de consommateurs récents de cocaïne entre 2015 et 2022 ».

Cette année-là, 10,7 pour mille habitants âgés de 15 à 64 ans étaient des consommateurs récents de cocaïne.

Concernant la consommation de drogues, l’ICAD comptait en 2024 un total de 24.184 usagers en traitement dans le cadre ambulatoire du réseau public, parmi lesquels « 3.714 ont commencé un traitement en 2024, dont 1.797 ont été réadmis et 1.917 nouveaux usagers ».

« Pour la quatrième année consécutive, le nombre de ceux qui ont commencé un traitement l’année a augmenté (+3%), avec les chiffres des trois dernières années atteignant les niveaux les plus élevés depuis 2015, renforçant la tendance à la hausse entre 2017-19 », ajoute le rapport.

En ce qui concerne les hospitalisations, en 2024, il y avait 587 usagers dans les unités de désintoxication et 1.609 dans les communautés thérapeutiques.

La consommation de drogues injectables est en baisse, ainsi que la pratique du partage de seringues, et les maladies infectieuses associées à la consommation de drogues, comme le VIH et les hépatites B et C, maintiennent des schémas stables par rapport à l’année précédente.

Toutefois, « après la baisse marquée des proportions de nouvelles infections par le VIH jusqu’en 2011, le rythme de cette évolution ralentit », révèle l’ICAD, soulignant « des évolutions disparates » dans les proportions de nouvelles infections, notamment parmi les consommateurs de drogues injectables.

Concernant la mortalité associée à la consommation, les données de l’Institut National de Médecine Légale et des Sciences Forensiques (INMLCF) enregistrent 438 décès en 2024, dont 66 (15%) dus à une overdose, et malgré la diminution du nombre d’overdoses de 18% par rapport à 2023, « les valeurs des quatre dernières années ont été les plus élevées depuis 2009 ».

En baisse également, les infractions liées à la consommation, qui ont diminué de 29% par rapport à 2023, ce que l’ICAD associe à une « clarification du régime sanctionnateur relatif à la détention de drogue à des fins de consommation, indépendamment de la quantité », la grande majorité des dossiers étant liés à la possession de cannabis (81%) et concernant majoritairement (91%) des personnes non toxicomanes.

Pour ce qui est de la dépendance à l’alcool, 14.762 usagers étaient en traitement dans le cadre ambulatoire du réseau public et « parmi les 5.250 qui ont commencé un traitement dans l’année, 1.802 ont été réadmis et 3.448 nouveaux usagers ».

Les hospitalisations avec diagnostic principal attribuable à la consommation d’alcool ont diminué de 8% par rapport à 2023, pour atteindre 3.824, mais « passent à être nettement supérieures (40.899) » si l’on tient compte des diagnostics secondaires.

L’INMLCF a attribué à la consommation d’alcool 883 décès en 2024, entre accidents, morts naturelles, suicides, intoxications alcooliques, et autres, l’ICAD soulignant qu' »à contre-courant des diminutions des deux années précédentes, en 2024, il y a eu une augmentation des morts par intoxication alcoolique (+74%), représentant le chiffre le plus élevé des trois dernières années ».

Quant aux crimes associés à la consommation d’alcool, 18.548 crimes de conduite sous l’effet de l’alcool ont été enregistrés, soit 23% de moins qu’en 2023, et au dernier jour de 2024, 145 personnes étaient emprisonnées pour ce crime, soit 10% de moins qu’en 2023.

Le rapport indique également qu’en 2023, année avec l’information la plus récente disponible des forces de sécurité, et dans le cadre de la criminalité « potentiellement liée à la consommation d’alcool », 33.356 cas de violence domestique ont été enregistrés, représentant le chiffre le plus élevé des dix dernières années.