Plus de 250 bibliothèques publiques avec des dégâts causés par les tempêtes.

Plus de 250 bibliothèques publiques avec des dégâts causés par les tempêtes.

« Selon les informations collectées par la DGLAB [Direção-Geral do Arquivo dos Livros e das Bibliotecas] et qui sont en constant aggiornamento, 52% des bibliothèques du Réseau National des Bibliothèques Publiques, principalement situées dans la région centre du pays, ont signalé avoir été affectées par le mauvais temps de ces dernières semaines », a déclaré à Lusa Bruno Eiras, sous-directeur général de cet organisme.

 

Le responsable a précisé que c’est le bilan possible pour le moment, car les « contacts avec les bibliothèques ne sont pas aussi rapides » que souhaité, « incapables de maintenir l’information à jour ».

De plus, « la persistance de la pluie a créé de nouvelles situations », a-t-il alerté.

Quoi qu’il en soit, les données recueillies indiquent que sur les près de 255 bibliothèques touchées par les tempêtes successives qui frappent le pays depuis le 28 janvier, 80% sont des infiltrations et des inondations de petite taille ou des problèmes externes aux bibliothèques comme des pannes d’électricité et de communication.

Les autres ont signalé de petits impacts, certains liés à des problèmes préexistants, et beaucoup rapportent des difficultés pour certains travailleurs à se rendre dans les bibliothèques.

Malgré les dégâts constatés, 78% des bibliothèques ont indiqué avoir réussi à rester opérationnelles, tandis que les 22% restants ont dû fermer certains espaces ou services, a ajouté Bruno Eiras, sans préciser quelles bibliothèques étaient concernées.

Cependant, il a révélé que « les cas les plus graves » dont il a eu connaissance « ont eu lieu dans les Bibliothèques Municipales d’Alcácer do Sal, Santarém, Leiria, Caldas da Rainha, Pombal et Marinha Grande, où les espaces ou même les structures ont été fortement affectés ».

Selon une publication sur les réseaux sociaux de la mairie concernée, la Bibliothèque Municipale d’Alcácer do Sal est « fermée pour une durée indéterminée », car « tout le rez-de-chaussée a été inondé, perdant les salles infantiles et les livres en dépôt et enregistrant d’énormes dégâts dans l’auditorium et la salle d’exposition ».

En conséquence de la perte de cette collection de 30 ans d’activité, la bibliothèque a lancé en début de semaine un appel à la donation de « livres pour enfants » en bon état, destinés aux enfants jusqu’à 12 ans, pour reconstituer son fonds, mais selon des informations d’un groupe scolaire local, la collecte a été suspendue faute de capacité de gestion, en raison du mauvais temps.

Le 04 de ce mois, alors que seuls les impacts de la dépression Kristin commençaient à se faire sentir, la directrice de la Bibliothèque Municipale de Pombal, Daniela Martins, a également révélé à Lusa que cette structure avait subi « des dommages considérables à l’étage supérieur et à l’arrière ».

« Il y a des infiltrations et un manque de couvertures. Une fenêtre a été cassée et deux autres grandes fenêtres ont été expulsées, détruisant certains ordinateurs sur lesquels elles sont tombées », a-t-elle précisé à l’époque, ajoutant que « l’intérieur du bâtiment et l’atelier ont également été détruits », ne restant en fonctionnement que la partie avant, servant la population affectée.

Pour ce qui est de la bibliothèque de Marinha Grande, elle était déjà à cette époque l’une de celles à avoir subi « le plus de dégâts », ayant perdu la couverture qui empêchait l’entrée d’eau, selon la responsable, qui a encore dit que les étagères et les livres étaient couverts de plastiques pour tenter de minimiser les dégâts.

Bruno Eiras a souligné « le travail de soutien aux communautés que de nombreuses bibliothèques ont fourni dès les premiers jours ».

« Les caractéristiques des bibliothèques publiques et de leurs travailleurs leur confèrent une importance particulière dans l’aide aux populations en tant que lieux ouverts à tous, gratuits et sûrs, et où les professionnels peuvent soutenir les populations dans la recherche d’informations pertinentes et l’utilisation des équipements informatiques », a-t-il souligné.

Dans de nombreuses municipalités, les bibliothèques publiques ont été les premiers lieux à se rendre disponibles pour fournir des services aux populations pour recharger les téléphones portables et les ordinateurs, accéder à Internet, avoir un espace pour travailler, étudier, contacter des familles ou encore, tout simplement, comme un lieu confortable pour faire face aux tempêtes, a assuré le responsable.

« Plusieurs bibliothèques ont également adapté leurs horaires de fonctionnement pour mieux répondre à la demande et ont essayé d’être alignées avec les stratégies municipales », a-t-il ajouté.

Ce fut le cas de la Bibliothèque Municipale de Pombal qui, en raison de la demande, a élargi les horaires de fonctionnement au créneau de 09:00 à 20:00, sans interruptions, du lundi au samedi, selon la directrice.

Depuis le début de l’année, le Portugal a été frappé par une séquence de dépressions, comme une partie du soi-disant train de tempêtes, avec des vents extrêmes et de fortes pluies, causant des impacts sévères sur les infrastructures et les communautés, affectant surtout les régions Centre, Lisbonne et Vale do Tejo et l’Alentejo.

La destruction totale ou partielle de maisons, d’entreprises et d’équipements, la chute d’arbres et de structures, la fermeture de routes, d’écoles et de services de transport, et la coupure d’électricité, d’eau et de communications, les inondations et crues sont les principales conséquences matérielles du passage des dépressions Kristin, Leonardo et Marta, les plus violentes.

Les violentes tempêtes ont causé seize morts et de nombreuses centaines de blessés et de personnes déplacées.

Le gouvernement a prolongé l’état de calamité jusqu’au 15 pour 68 communes et a annoncé des mesures de soutien jusqu’à 2,5 milliards d’euros.

[Information mise à jour à 17h16]