«Les actions de prévention ne devront pas excéder une durée maximale de trois mois, ce délai pouvant, dans des cas exceptionnels, en raison de la complexité des faits et de la nécessité d’analyser les informations recueillies, être prolongé, deux fois au maximum, pour une durée identique, avec une intervention hiérarchique motivée», indique la directive publiée aujourd’hui sur le site de la Procuradoria-Geral da República, qui devra être respectée par tous les procureurs.
Il s’agit d’enquêtes préventives comme celles menées, en 2025, contre le Premier ministre, Luís Montenegro (PSD), et l’ancien secrétaire général du PS, Pedro Nuno Santos, toutes deux classées sans suite, et qui, selon le document, sont prévues par la Loi n° 36/94, du 29 septembre, qui prévoit des mesures de lutte contre la corruption et la criminalité économique et financière.
Jusqu’à présent, elles étaient ouvertes dans n’importe quel département du Ministère public, une compétence qui sera désormais transférée au Département Central d’Investigation et d’Action Pénale (DCIAP) à Lisbonne, chaque fois qu’il est nécessaire aux procureurs de recueillir «des informations concernant des faits susceptibles de fonder des soupçons de danger de commission» des crimes de corruption, de détournement de fonds publics et de fraude dans l’obtention ou le détournement de subventions, entre autres.
Selon la directive signée par Amadeu Guerra, ces diligences ne peuvent inclure des instruments qui doivent être autorisés par un juge d’instruction, tels que les interceptions téléphoniques.
Si des indices de crime sont détectés, une enquête sera ouverte dans le cadre du processus pénal, tandis que si l’issue est le classement sans suite, «le supérieur hiérarchique immédiat du magistrat du Ministère public qui a pris la décision» aura 10 jours pour, s’il le juge nécessaire, prolonger l’enquête avec l’indication des actes à réaliser ou annuler le classement et ordonner l’ouverture de l’enquête, dans le délai maximal de neuf mois établi.
«La décision de classement sans suite n’empêche pas l’ouverture ultérieure d’une enquête si des informations criminelles viennent à être connues», note le chef du Ministère public.
Dans le document, le PGR renforce également la compréhension selon laquelle les participants à l’enquête préventive sont tenus à une confidentialité absolue, soulignant qu’«il n’est pas permis de consulter» la procédure par quiconque ou toute entité.
Cette obligation avait déjà été invoquée en décembre par le directeur du DCIAP, Rui Cardoso, pour interdire l’accès des médias à l’enquête préventive concernant Luís Montenegro, selon l’ordonnance alors adressée aux journalistes.