« Nous avons beaucoup travaillé sur ce dossier de la toxicomanie (…) avec le ministère de la Santé et avec le consortium responsable de la gestion de la salle de consommation assistée, et notre intention est de repenser son emplacement et, éventuellement, de trouver de nouvelles valences qui pourraient mieux répondre que celles qui existent actuellement », a révélé lors d’une interview à Lusa.
Pour le président de la municipalité, il est inacceptable d’avoir un équipement comme celui-ci « collé au mur d’une institution telle que la Fondation de Serralves — visitée par des écoles, des touristes et des citoyens — et entre deux écoles », assumant que les conditions de la salle elle-même font que la prolifération des consommations se fait « dans un périmètre très court autour ».
Interrogé sur l’avenir du site, le social-démocrate a renvoyé à une évaluation en cours par des experts, mais a reconnu que la salle « ne peut pas se trouver dans un endroit absolument isolé » et sans accès.
Bien qu’il juge nécessaire de « humaniser ceux qui tombent dans cette maladie », Pedro Duarte a assuré ne pas craindre d’exiger une action plus musclée envers les personnes qui « enfreignent la loi et perturbent la vie publique », et a avancé que le problème de la toxicomanie sera abordé lors de la prochaine réunion du Conseil Municipal de Sécurité.
À la veille de célébrer 100 jours depuis qu’il a pris ses fonctions en tant que président de la mairie de Porto, Pedro Duarte (élu par la coalition PSD/CDS-PP/IL) refuse que la création du bureau de la Sécurité soit simplement symbolique et assure avoir apporté des différences avec « un effet concret au quotidien » des Portuans.
La création de 27 nouvelles fonctions dans la police municipale pour libérer plus de policiers municipaux sur le terrain, la mise en service de 117 nouvelles caméras de vidéosurveillance et l’annonce de l’élargissement de ce réseau à la paroisse de Ramalde, sont quelques exemples qu’il cite.
Quant au renforcement de 80 nouveaux agents pour la police municipale, annoncé par l’édile en décembre lors de la discussion du budget pour 2026 à l’Assemblée Municipale, il ne devrait se concrétiser « que d’ici l’été », ce processus étant pris en charge par la PSP.
L’édile a également admis que, en raison de la concentration des efforts pour atténuer les dégâts causés par les dernières tempêtes, il n’a pas eu « grand contact » avec le ministère de l’Administration Interne pour élaborer le plan également promis de renforcement de la sécurité dans la ville, mais maintient que celui-ci pourrait être présenté d’ici fin mars.
« Nous, en ville, avançons pour l’instant avec le renforcement de l’éclairage public sur certaines voies », a-t-il révélé, ajoutant qu’un plan pour toute la commune est en cours d’élaboration.
Outre avoir établi la sécurité comme une priorité pour ce mandat, la campagne municipale de Pedro Duarte a également été marquée par des critiques à la densification de la ville de Porto.
Le social-démocrate a assuré à Lusa pouvoir recourir à « plusieurs instruments » pour parvenir à ralentir la quantité de nouvelles constructions qui émergent dans la commune et le premier de tous est « le dialogue avec la ville et avec les promoteurs [immobiliers] ».
« Je pense que parfois, nous restons trop attachés aux formalités. Je dois dire que, d’après mon expérience au cours de ces 100 jours, les investisseurs et les promoteurs immobiliers sont les premiers intéressés pour que cette ville ait une qualité de vie, car elle devient ainsi plus attractive pour leurs propres affaires. Et je pense qu’avec du bon sens, cela peut se faire », a-t-il concrétisé.
Précisant qu’il ne souhaite pas inhiber de nouvelles constructions, pour Pedro Duarte, il est maintenant temps « d’arrêter un peu pour réfléchir » et, « en dernière instance », il existe toujours des instruments juridiques et le Plan Directeur Municipal (PDM) « va certainement devoir être révisé, au moins sur certains points », a-t-il admis.
« Le PDM prévoit, dans certaines zones, un certain nombre d’étages maximums, mais ensuite il ne prévoit pas quelle est la hauteur de chacun. Et donc, il y a des situations où ce sont peut-être des bâtiments de deux étages, mais ensuite ce sont de véritables immeubles. C’est un exemple très basique, mais il y a des circonstances que nous pouvons améliorer en faisant de petites modifications au PDM », a-t-il ajouté.
Selon un rapport publié sur le ‘site’ de la municipalité, à la fin du second semestre de 2025, 148 processus pour des projets touristiques étaient en cours aux services d’urbanisme, un nombre que Pedro Duarte interprète comme « un signe qu’il y a une grande attente pour l’avenir de la ville » et réfute vouloir limiter le tourisme réalisé dans le municipe.
Pedro Duarte considère néanmoins qu’il est nécessaire de commencer à investir dans des politiques publiques qui aident à qualifier le tourisme effectué à Porto, suggérant qu’il « ne sert à rien » d’avoir des touristes qui « viennent passer quelques heures en ville pour faire la fête et repartir le lendemain matin » et qui « perturbent la vie » des Portoans.
