La mesure est prévue dans le décret ministériel n.º 132/2025, du Ministère de l’Économie, daté du 31 décembre et qui entrera en vigueur entre février et mai de cette année, selon la documentation à laquelle Lusa a eu accès aujourd’hui.
Dans le décret, signé par le ministre de l’Économie, Basílio Muhate, le gouvernement justifie la mesure par la « nécessité de créer un mécanisme transparent d’importation du riz et du blé, et de la consécutive élimination de l’exportation illégale de devises par surtaxation et duplication de factures, garantissant ainsi la stabilité des prix internes, spécialement des céréales, et assurant l’approvisionnement national, encourageant la production locale et renforçant l’autorité de l’État ».
L’ICM est ainsi désigné « comme agent de l’État avec mandat pour conduire le processus d’importation de céréales, spécifiquement le riz et le blé » pour le Mozambique, « sans préjudice d’intervention, selon la loi, de ses partenaires et autres agents économiques dans la réalisation de l’importation ».
Il est défini que « cela incombe à l’ICM de fournir à titre onéreux le riz et le blé aux agents économiques pour la commercialisation sur le marché national », avec le décret s’appliquant à l’importation du riz à partir du 1er février et pour le blé à partir du 1er mai 2026.
Dans la pratique, jusqu’en mai, tous les agents économiques devront effectuer les achats de ces céréales via l’ICM.
« Le mécanisme et le processus d’importation, ainsi que les termes et procédures opérationnelles pour son exécution, seront approuvés par le ministre qui supervise la zone du commerce extérieur, garantissant la conformité avec la politique économique et les intérêts de l’État », peut-on lire dans le décret.
Le riz et le blé avaient déjà été inclus en décembre dans la liste des 16 produits définis par le gouvernement avec des limites temporaires aux quantités d’importation, en plus des viandes et abats comestibles de volaille, du sucre, de l’huile de palme alimentaire raffinée, de l’eau embouteillée et des boissons gazeuses, des pâtes alimentaires, du sel et du chlorure de sodium, du ciment Portland, des tuiles, de la farine de maïs, de la bière, des meubles en bois et en métal, des produits en papier et carton, des boissons non alcoolisées et des sodas et du maïs en grain.
Le Mozambique a importé pour 54,5 millions d’euros de riz au cours des trois premiers mois de 2025, équivalant à près de 15% des biens de consommation achetés à l’extérieur par le pays au cours de cette période, selon des données officielles rapportées en août dernier par Lusa.
D’après les données d’un rapport statistique récent de la Banque du Mozambique, entre janvier et mars, le pays a importé 63,1 millions de dollars (54,5 millions d’euros) de riz, volume qui suit le record de 441 millions de dollars (380,1 millions d’euros) pour toute l’année 2024, augmentant alors de 38,8% par rapport à 2023, année où cette importation a atteint 317,7 millions de dollars (274,3 millions d’euros).
