« J’en appelle aux gens pour qu’ils évitent, comme cela a été le cas jusqu’à présent, de se mettre dans des situations de risques excessifs. Je sais que c’est difficile parce que la maison elle-même est le propre toit, [les gens] veulent avoir des conditions pour pouvoir y rester et veulent intervenir rapidement, mais qu’ils réfléchissent bien, s’ils ont les moyens, et en cas de doute, qu’ils contactent quelqu’un lié au système de protection civile », a exhorté Marcelo Rebelo de Sousa à Ferreira do Zêzere, dans le district de Santarém, en marge d’une visite aux dégâts causés par le mauvais temps.
Le chef de l’État réagissait à la mort d’un homme de 73 ans qui était en train de réparer un toit lorsqu’il est tombé.
« Cela révèle un courage et une détermination, c’est vouloir s’aider soi-même à résoudre le problème, et parfois aider les autres, mais c’est risqué », a souligné le chef de l’État.
Marcelo Rebelo de Sousa a parcouru plusieurs routes de la municipalité de Ferreira do Zêzere, accompagné du maire Bruno Gomes, et a pu constater le sillage de destruction laissé par la dépression Kristin et écouter les préoccupations de la population.
Concernant le réseau d’alimentation en électricité, il a indiqué que « c’est impressionnant de voir » comment « il est très difficile de le refaire rapidement ».
Le chef de l’État a donc lancé deux autres appels : « C’est un appel aussi au pouvoir central en termes d’intervention et de soutien, mais c’est aussi un appel aux populations qui doivent faire un effort terrible ».
Le Président de la République a fait remarquer que « des milliers et des milliers de personnes dans de nombreux villages et endroits isolés vivent une usure continue ».
« Un jour, puis un autre jour, puis un autre jour et, au bout de quelques jours sans eau ou électricité, les personnes en situation de solitude, ce stress commence à devenir compliqué », a-t-il alerté.
Et il a continué : « C’est un effort de patience, de bon sens, d’effort de résistance, nous les Portugais sommes très résistants et ici, c’est une résistance difficile, surtout parce qu’il n’est pas encore sûr que les pluies soient terminées et qu’il n’y ait pas encore plus de problèmes », a-t-il expliqué.
À Ferreira do Zêzere, depuis mercredi, il n’y a ni électricité ni eau : « Dans la ville, il est possible d’avoir de l’énergie aujourd’hui, mais tout ce qui concerne les lignes de moyenne tension pourrait être rapide, alors que tout ce qui concerne les basses tensions est extraordinairement difficile, il n’y a pas de jours prévus d’attente », a admis le maire de Ferreira do Zêzere.
Bruno Gomes a assuré qu’ils « travaillent dans ce sens », celui de restaurer l’énergie, mais a souligné que « la ligne basse tension, toute entière, est très compromise ».
« Il n’y a pas de capacité humaine pour faire fonctionner ce réseau capillaire (…). La majorité des routes est dégagée et nous avons identifié les situations les plus critiques, mais nous savons que les prochains jours ne seront pas faciles car les conditions météorologiques vont empirer », a averti le maire.
Bruno Gomes a donc lui aussi lancé un appel : « Faites confiance aux autorités, aux élus locaux et renforcez le sens de l’union et de la citoyenneté ».
Le passage de la dépression Kristin par le Portugal continental, mercredi, a laissé un sillage de destruction, causant au moins cinq morts selon la Protection Civile, plusieurs blessés et des sans-abris. La municipalité de Marinha Grande compte également une autre victime mortelle dans la municipalité. Dans la municipalité de Batalha, dans le district de Leiria, un autre homme de 73 ans est mort ce samedi en tombant d’un toit alors qu’il réparait les tuiles.
Chutes d’arbres et de structures, coupure ou limitation des routes et des services de transport, notamment des lignes ferroviaires, fermeture d’écoles et coupures d’énergie, d’eau et de communications ont été les principales conséquences matérielles de la tempête.
Leiria, par où la dépression est entrée sur le territoire, Coimbra et Santarém sont les districts qui enregistrent le plus de dégâts.
Le gouvernement a décrété une situation de calamité de 00h00 mercredi jusqu’à 23h59 le 1er février pour environ 60 municipalités, un nombre qui pourrait augmenter.
