L’escalade des tensions géopolitiques – en particulier à cause de la question du Groenland – fait grimper la valeur de l’or détenu par la Banque du Portugal (BdP). Actuellement, il vaut plus de 50 milliards d’euros.
Les calculs sont effectués par le journal ECO, qui rappelle que la banque centrale dirigée par Álvaro Santos Pereira détient l’une des plus grandes réserves d’or au monde – elle est classée 15ème sur la liste du World Gold Council.
Au total, le superviseur bancaire détient environ 382,7 tonnes d’or, d’une valeur actuelle d’environ 50,6 milliards d’euros, valorisées à environ 15% en trois semaines.
L’or établit un nouveau record
L’or commercialisé a de nouveau atteint un record mercredi, avec un prix de l’once (28,34 grammes) à 4 887,19 dollars (près de 4 200 euros) à 06h31, les investisseurs privilégiant ce métal précieux face à l’instabilité mondiale.
Les analystes justifient la hausse du métal ‘jaune’ avec la récente menace d’imposition de tarifs par le président des États-Unis, Donald Trump, à l’Europe, ainsi que par les conflits armés qui se poursuivent un peu partout dans le Monde.
Quant à l’argent, elle a connu une légère baisse mercredi matin, de l’ordre de 0,07% par rapport à mardi, à 94,49 dollars (environ 80 euros) l’once (près de 30 grammes), en dessous des presque 96 dollars de la veille (presque 82 euros).
Le contexte actuel
Les États-Unis et le Danemark vont renégocier l’accord de défense de 1951 sur le Groenland, a déclaré aujourd’hui une source proche des discussions de mercredi entre le président américain et le chef de l’OTAN.
La sécurité de l’Arctique sera renforcée et bénéficiera de la contribution des pays européens de l’Alliance Atlantique, a affirmé la même source à l’agence de presse France-Presse (AFP).
Aucune mention n’a été faite lors de la rencontre de mercredi entre Donald Trump et Mark Rutte à Davos concernant la possibilité d’établir des bases américaines au Groenland sous souveraineté américaine.
Trump et Rutte ont discuté dans la station suisse d’un pré-accord sur le Groenland que le secrétaire général de l’OTAN a déclaré aujourd’hui viser à empêcher l’accès économique et militaire de la Russie et de la Chine aux pays de l’Arctique.
La révision du traité de 1951 se déroule dans un contexte d’intérêt stratégique croissant pour la région, les alliés cherchant à garantir une coordination militaire accrue face aux nouveaux défis de sécurité dans l’Hémisphère Nord, selon l’AFP.
L’accord de 1951 concerne le déploiement de troupes au Groenland et a été modifié pour la dernière fois en 2004.
Le document, intitulé « Défense : Groenland », stipule actuellement dans son premier article que la base aérienne de Thule, ou Pituffik, est la « seule zone de défense » sur l’île arctique.
La nouvelle renégociation vise à inclure une clause sur la « Dôme d’Or », le bouclier antimissile que Trump souhaite mettre en place, selon l’agence de presse espagnole EFE.
Le projet a un coût estimé à 175 milliards de dollars (149,6 milliards d’euros au taux de change actuel).
Inspiré par le système de défense d’Israël, le bouclier devrait être opérationnel d’ici à la fin du mandat actuel de Trump, en 2029.
Le système vise à protéger non seulement les États-Unis, mais aussi le Canada, contre les menaces potentielles de la Chine et de la Russie.
La révision du traité bilatéral de 1951 est l’un des quatre piliers du pré-accord atteint à Davos sur le Groenland entre Trump et Rutte, avec la participation du chancelier allemand Friedrich Merz.
L’accord, divulgué par les médias allemands comme Der Spiegel et Die Welt, inclut la suspension des droits de douane que Trump avait menacé d’imposer aux pays européens.
La menace de droits de douane, initialement de 10% puis de 25%, a été faite au Danemark, à la Suède, à la France, à l’Allemagne, aux Pays-Bas et à la Finlande, pays membres de l’UE, ainsi qu’à la Norvège et au Royaume-Uni.
L’UE va discuter aujourd’hui de la question lors d’un sommet européen extraordinaire à Bruxelles, auquel participe le Premier ministre portugais, Luís Montenegro.
Les dirigeants de l’UE ont admis des représailles commerciales avec des tarifs sur les importations des États-Unis d’une valeur de 93 milliards d’euros si Trump maintenait sa menace.
Un autre point de l’accord OTAN-États-Unis concerne le contrôle des investissements et des minerais, a indiqué l’EFE.
L’administration américaine pourra intervenir dans le contrôle des investissements au Groenland, empêchant les puissances rivales de sécuriser des ressources stratégiques.
Trump a confirmé que l’accord garantirait des droits sur les minéraux de terres rares dans la région.
Le quatrième point concerne le renforcement de la sécurité européenne dans l’Arctique, les États européens de l’OTAN s’engageant à un engagement plus ferme pour la sécurité régionale.
Il s’agit d’une demande de Washington face à la présence de navires et de sous-marins russes et chinois, Trump argumentant que seuls les États-Unis peuvent garantir la sécurité de la « masse de glace » arctique.
Le pré-accord n’inclut, pour l’instant, aucune mention de transfert de souveraineté ou d’intégrité territoriale de l’île, ont déclaré l’EFE, points sur lesquels le Danemark et le Groenland ont refusé de céder.
