« Ce projet de loi, par le déséquilibre manifeste qu’il présente, avec l’ensemble des propositions favorisant le côté de l’employeur, et par les contenus préjudiciables qu’il contient, avec des réductions de droits dans des domaines centraux pour les travailleurs et leurs représentants, a immédiatement suscité le refus catégorique de l’UGT et de ses syndicats », peut-on lire dans la contre-proposition remise aujourd’hui au gouvernement, à laquelle Lusa a eu accès.
Dans le document intitulé « Travail avec Droits XXI », de plus de 30 pages, l’UGT souligne qu’elle « a des lignes rouges et que dans des domaines tels que la banque d’heures, le contrat à durée déterminée, les licenciements, l’externalisation, la transmission d’établissement, le travail non déclaré, la négociation collective, la grève ou l’activité syndicale en entreprise, les propositions, telles que présentées, sont inacceptables ».
La centrale syndicale rappelle également que cette « position de non-partage de la vision du Gouvernement » pour la loi du travail a été « exprimée » dans un avis émis en septembre de l’année dernière et affirme que l' »intransigeance négociatrice » de l’exécutif a conduit à la grève générale en convergence avec la CGTP du 11 décembre.
« Il convient de dire, d’ailleurs, que cette intransigeance n’a été atténuée que par la présentation d’un nouveau document par le Gouvernement, informel et sans réponses aux questions centrales qui restent sur la table », souligne-t-elle.
En ce qui concerne l’indemnisation pour licenciement collectif, l’UGT propose que le travailleur ait droit à une « compensation correspondant à un mois de salaire de base et d’ancienneté par année complète d’ancienneté », étant donné que cette compensation « ne peut être inférieure à trois mois de salaire de base et d’ancienneté ».
Rappelons que dans la nouvelle proposition remise par l’UGT au Gouvernement, l’exécutif admettait d’augmenter de 14 à 15 jours (de rémunération par chaque année d’ancienneté dans l’entreprise) la compensation pour licenciement collectif.
Dans la contre-proposition remise aujourd’hui au Gouvernement, la centrale syndicale veut également modifier les critères de licenciement pour extinction de poste de travail, lorsqu’une « pluralité de postes de travail de contenu fonctionnel identique » est observée.
À cet égard, elle défend que « la décision de l’employeur doit observer, en référence aux titulaires respectifs, l’ordre des critères pertinents et non discriminatoires suivant : moins d’ancienneté dans le poste de travail, moins d’ancienneté dans la catégorie professionnelle, classe inférieure de la même catégorie professionnelle, moins d’ancienneté dans l’entreprise ».
D’autre part, elle souhaite ajouter le « travailleur aidant » aux situations pour lesquelles il est considéré que le licenciement à l’initiative de l’employeur est illicite, « si l’avis préalable de l’entité compétente en matière d’égalité des chances entre hommes et femmes n’est pas demandé ».
La centrale syndicale souhaite également augmenter l’indemnisation en remplacement de la réintégration à la demande du travailleur, en proposant que la valeur sera fixée par le tribunal « entre 30 et 60 jours de salaire de base et d’ancienneté par année complète ou fraction d’ancienneté », au lieu des actuels 15 à 45 jours.
En ce qui concerne l’indemnisation en remplacement de la réintégration à la demande de l’employeur, si la justice exclut la réintégration, elle souhaite que le montant à déterminer par le tribunal augmente à « entre 90 et 120 jours de salaire de base et d’ancienneté par année complète ou fraction d’ancienneté », au lieu des actuels 30 à 60 jours et que ce montant ne puisse « être inférieur à la valeur correspondant à neuf mois de salaire de base et d’ancienneté » (actuellement la limite est de six mois).
Parmi les nombreuses mesures, l’UGT propose également des modifications de la banque d’heures de groupe, ainsi que de la durée du travail de nuit, la semaine de quatre jours et la journée continue pour les parents d’enfants jusqu’à 12 ans, ainsi que l’augmentation des congés à 25 jours.
