Dans une lettre ouverte rendue publique aujourd’hui, les travailleurs déclarent que l’Accord d’Entreprise, qui permettrait de corriger les injustices salariales et de réguler la progression professionnelle, « n’est jamais allé au-delà de la phase de négociation » avec les syndicats, bien que les premières discussions remontent à 2011.
Selon le document, les décisions prises par les administrations successives du théâtre ont aggravé « les vulnérabilités et inégalités entre les travailleurs », notamment par la « conclusion de nouveaux contrats de travail avec des salaires de base supérieurs pour des catégories professionnelles équivalentes », sans l’harmonisation salariale correspondante pour les travailleurs les plus anciens.
Les travailleurs accusent également l’administration actuelle d’avoir initié une révision des contenus fonctionnels et des grilles salariales, « dont l’exécution échoue en raison d’un manque total et délibéré de transparence ».
« Le retard dans la conclusion de ce travail, qui est en cours depuis environ un an et demi, a rendu impossible la négociation de l’Accord d’Entreprise, qui se trouve ainsi stagnante », ajoutent-ils.
Le communiqué précise en outre que les bas salaires pratiqués dans l’institution et la lente progression salariale, qui limitent la capacité d’évolution interne, contribuent à un sentiment généralisé d’insatisfaction parmi les travailleurs.
À la fin de l’année 2024, les travailleurs ont présenté une lettre revendicative au Conseil d’Administration, « afin de trouver des solutions appropriées », mais la réponse n’a inclus « aucune proposition concrète », renvoyant à nouveau la résolution des problèmes à la négociation de l’Accord d’Entreprise avec les syndicats, ajoute la lettre.
Face à l’absence de réponses, les travailleurs ont décidé, lors d’une assemblée plénière tenue le 29 octobre 2025, d’avancer avec une lettre adressée aux tutelles – Ministère de la Culture, de la Jeunesse et du Sport et Ministère des Finances – signée par environ 90 % des travailleurs, qui n’a obtenu aucun retour.
L’assemblée plénière a compté avec la présence des syndicats STFPSSA (Syndicat des Travailleurs en Fonctions Publiques et Sociales du Sud et des Régions Autonomes) et CENA-STE (Syndicat des Travailleurs de Spectacles, de l’Audiovisuel et des Musiciens).
Dans la missive, les travailleurs soulignent qu’un Théâtre National « doit s’affirmer comme une référence et établir des normes qui orientent tout le secteur culturel », en garantissant des conditions de travail justes, équitables et transparentes.
L’agence Lusa a contacté le Ministère de la Culture, de la Jeunesse et du Sport et l’administration du Théâtre National D. Maria II, mais attend toujours une réponse.
