Dans une déclaration conjointe publiée aujourd’hui, le Syndicat National du Corps de la Garde Pénitentiaire (SNCGP), le plus grand du secteur, affirme s’être réuni en décembre avec le Syndicat des Travailleurs de la Réinsertion et des Services Pénitentiaires (SinDGRSP), et l’Association Syndicale des Chefs du Corps de la Garde Pénitentiaire (ASCCGP), ayant détecté des « problèmes graves et persistants de nature organisationnelle et opérationnelle ».
Les trois structures considèrent que les problèmes énumérés lors de la rencontre « affectent le fonctionnement du service public et mettent en péril les conditions de travail, la sécurité et la dignité professionnelle des travailleurs ».
Face à la « gravité de la situation », elles ont décidé de demander une réunion urgente avec la ministre de la Justice et avec le secrétaire d’État adjoint à la Justice.
Ils exigent « la fin des pratiques exceptionnelles dans la nomination des dirigeants » de la DGRSP, affirmant que ceux-ci doivent être nommés conformément aux règles générales de l’Administration publique.
Ils soutiennent que les postes de direction supérieure doivent être pourvus après des procédures menées par la Commission de Recrutement et de Sélection pour l’Administration Publique (CRESAP) et les postes de direction intermédiaire via les mécanismes légalement prévus dans le Statut du Personnel Dirigeant.
Ils demandent également la suppression du Service d’Audit et d’Inspection dans le cadre de la DGRSP ou son intégration à l’Inspection Générale des Services de Justice, « afin de garantir l’indépendance, l’impartialité et la crédibilité des processus d’audit et d’inspection ».
Pour les trois structures syndicales, ces mesures sont considérées comme « indispensables pour garantir une DGRSP plus transparente, plus compétente et plus juste ».
En plus des questions organisationnelles, les syndicats dénoncent le non-respect répété de la législation en matière de sécurité et de santé au travail, accusant la DGRSP de montrer « des difficultés persistantes à assurer le respect de ses obligations légales, mettant quotidiennement en danger des travailleurs soumis à des niveaux élevés d’épuisement physique et psychologique, dans des contextes professionnels marqués par une forte pression ».
Ces syndicats soulignent que le ministère de la Justice a annoncé la révision de la loi organique de la DGRSP pour l’année 2026 et rappellent que « la loi prévoit l’application de sanctions à l’employeur public en cas de non-respect », soulignant que « la DGRSP ne peut continuer à ignorer ces responsabilités ».
Les syndicats, qui ont mené plusieurs manifestations et grèves durant l’année 2025, réaffirment qu’ils n’excluent pas l’adoption d’autres formes de lutte en l’absence de réponses concrètes de la part du gouvernement aux problèmes identifiés.
