Les statuts de la Lusa excluent les membres de l’AR de la présidence du Conseil Consultatif.

Les statuts de la Lusa excluent les membres de l'AR de la présidence du Conseil Consultatif.

Le Conseil Consultatif, récemment créé, élira parmi ses membres un président, selon le document, mais celui-ci ne pourra pas être l’un des trois membres désignés par l’Assemblée de la République, conformément à l’article 18, n°4.

L’entité est également composée de cinq personnalités désignées par des associations représentatives des secteurs de la presse, de la radio, de la télévision, des médias régionaux et locaux, ainsi qu’une personnalité désignée par la RTP.

Elle intègre également deux personnalités désignées par la Commission des Travailleurs et le Conseil de Rédaction de Lusa, ainsi que trois personnalités désignées par les Régions Autonomes et l’Association Nationale des Municipalités Portugaises, et enfin, trois personnalités élues par l’Assemblée de la République.

Le Conseil Consultatif, qui n’a pas de pouvoirs de gestion, direction ou orientation sur les activités de l’agence, émettra des avis préalables et non contraignants sur l’élection des membres du Conseil d’Administration, la nomination du directeur de l’information ou d’autres sujets et se réunira une fois par trimestre.

Selon les statuts, le Conseil d’Administration de Lusa, désormais composé de trois membres, envoie annuellement à l’Assemblée de la République le plan d’activités et le budget, ainsi que le plan d’investissements, le rapport du service public et les rapports d’activités, des comptes et de la gouvernance d’entreprise.

« Dans la mesure où les règles régimentaires ou une délibération de l’Assemblée de la République le déterminent, le Conseil d’Administration et le directeur de l’information se présenteront devant la commission parlementaire compétente pour fournir des informations ou des éclaircissements sur le fonctionnement du service public, chaque fois que cela leur sera demandé », peut-on lire dans le document.

Le ministre de la Présidence a défendu aujourd’hui que le contrôle sur Lusa a été renforcé, notamment par la création du Conseil Consultatif, dans le cadre du nouveau modèle de gouvernance, et a fermement rejeté toute idée de contrôle de l’agence de presse.

« Nous avons renforcé le contrôle avec le Conseil Consultatif », a souligné le ministre lors d’une audition à la commission parlementaire de la Culture, de la Communication, de la Jeunesse et du Sport, en réponse au PS, qui a maintes fois questionné les statuts de Lusa, amenant le ministre à partager le document avec le député.

Le ministre a remis en question cette idée de contrôle politique, rappelant que « il y a deux mois » Lusa était contrôlée par l’État avec une administration dirigée par Joaquim Carreira, qui avait été nommé « par un gouvernement socialiste sans aucun contrôle externe ».

A plusieurs reprises, António Leitão Amaro a affirmé que la formulation des normes statutaires de Lusa est conforme à la loi et que la Direction de l’Information (DI) est invitée à fournir des informations au parlement.

« Cela n’a aucun effet juridique d’imposition, nous avons pris soin lors de la rédaction des statuts », a-t-il renforcé.

Le PS a demandé au ministre comment un « acte sociétal, un acte d’une entreprise, même s’il s’agit d’une entreprise à capital exclusivement public, peut prétendre imposer à l’Assemblée de la République la présence d’un organe interne de cette entreprise », en faisant allusion à la Direction de l’Information de Lusa.

« Concrètement, comment un acte sociétal, un acte d’une entreprise peut-il déterminer que l’Assemblée de la République élit un certain nombre de personnalités comme ordre de cette entreprise, alors que l’Assemblée de la République n’a pas été consultée dans cette décision », a interrogé le député socialiste Porfírio Silva.

Et d’insister : « Monsieur le ministre, selon votre compréhension, une entreprise peut-elle prendre des décisions sur la représentation externe de l’Assemblée de la République ? ».

En réponse, le ministre a dit que « cela ne peut ni sur la représentation externe de l’Assemblée de la République, ni sur son organisation interne ».

C’est pourquoi « la formulation de la norme statutaire sur le contrôle parlementaire comporte ces deux éléments : un devoir de partage d’informations et de divulgation d’un ensemble de choses, et un devoir d’envoyer à l’Assemblée de la République pour quelque chose qu’elle souhaite et, en ce qui concerne les auditions, un devoir de disponibilité régulière pour les auditions », a-t-il poursuivi.

« C’est une décision que l’Assemblée de la République prendra, elle est invitée à participer, si elle ne veut pas, tout va bien », a-t-il répondu.