La position figure dans un avis envoyé à la demande du ministère de l’Éducation, de la Science et de l’Innovation concernant la proposition de modification du régime d’accès à l’enseignement supérieur, auquel l’agence Lusa a eu accès.
Face à l’intention du gouvernement de rétablir l’obligation d’une seule épreuve d’entrée, au lieu des deux actuelles, le CNE admet que la modification « pourrait effectivement contribuer à une flexibilisation du système et à un renforcement du nombre d’étudiants dans l’enseignement supérieur ».
La proposition du ministère de l’Éducation, de la Science et de l’Innovation (MECI) prévoit la possibilité pour les établissements d’enseignement supérieur d’établir entre une et trois épreuves d’entrée obligatoires, annulant la modification de l’ancien gouvernement socialiste qui, en 2023, avait introduit l’obligation d’au moins deux épreuves.
C’est seulement en 2025 que la règle a commencé à s’appliquer à l’accès à l’enseignement supérieur, après une période de transition, et selon le MECI, cela a entraîné une baisse du nombre de candidats.
Reconnaissant que la proposition de modification présentée par le cabinet de Fernando Alexandre « pourrait permettre à plus d’étudiants de remplir les conditions d’accès et ainsi d’entrer dans l’enseignement supérieur », le CNE salue également le renforcement de l’autonomie des établissements qui pourraient « déterminer avec plus de flexibilité le nombre d’épreuves adapté aux spécificités de leur offre ».
L’organe consultatif du MECI avertit cependant que si le gouvernement souhaite que les nouvelles règles soient en vigueur dès le prochain concours national d’accès à l’enseignement supérieur, elles devront être divulguées « dès que possible ».
Dans son avis, le CNE justifie que les élèves qui envisagent de se porter candidats doivent pouvoir « faire des choix informés en temps opportun ».
Lors d’une audition à l’Assemblée de la République, le ministre de l’Éducation a confirmé, mardi, que la modification du régime d’accès à l’enseignement supérieur devrait déjà s’appliquer aux candidats pour l’année académique 2026/2027.
En réponse aux questions des députés, Fernando Alexandre a justifié la décision d’annuler les règles introduites en 2023 par la réduction significative du nombre de candidats en 2025, qui est tombé en dessous de 50 000 lors de la première phase du concours national d’accès, comparable seulement à 2018.
Selon les conclusions d’une analyse réalisée par son ministère, l’obligation de passer trois examens nationaux pour finir le secondaire a laissé de nombreux élèves à la traîne et le taux de réussite de l’enseignement obligatoire, l’année dernière, s’est approché des valeurs enregistrées en 2019, avant la pandémie de covid-19, lorsque les règles exceptionnelles étaient en vigueur et que les examens nationaux servaient uniquement pour entrer dans l’enseignement supérieur.
D’ailleurs, l’introduction de deux épreuves d’entrée obligatoires a écarté, selon le ministre, environ 2 000 élèves qui, bien qu’ayant terminé le secondaire, ne se sont pas portés candidats au supérieur.
« Près de la moitié de la réduction des placements résulte de cette décision qui, pour nous, est erronée », a souligné Fernando Alexandre, précisant qu’il est en accord avec les règles de fin du secondaire approuvées par le gouvernement socialiste.
Quant aux conditions d’accès à l’enseignement supérieur, le gouvernant avait déjà écarté la modification des règles approuvées en 2023, bien qu’en désaccord, une décision qu’il a annulée après avoir pris connaissance des conclusions de l’analyse de la réduction du nombre de candidats.
