Les entreprises dépensent plus en recherche qu’elles n’emploient de docteurs.

Ce chiffre, note Maria de Lurdes Rodrigues, « ne dépasse pas 5% de ses ressources humaines ».

« Prétendre qu’environ mille chercheurs dans les entreprises sont responsables des deux tiers de l’activité scientifique nationale est totalement invraisemblable », souligne l’auteure de « Investissement en Science », à lancer le 06 par la Fondation Francisco Manuel dos Santos, à la Foire du Livre de Lisbonne.

Pour l’ancienne ministre de l’Éducation, le Portugal risque de devenir insignifiant dans le système scientifique européen avec la politique scientifique actuelle.

« L’investissement effectif en science est en déclin depuis 2011, en raison de la diminution de la part du budget de l’État qui lui est dédiée et de l’éloignement persistant de l’objectif de 3% du Produit Intérieur Brut », défend la rectrice de l’ISCTE – Institut Universitaire de Lisbonne.

Le déclin, selon Maria de Lurdes Rodrigues, s’accompagne d’une « dépendance excessive » à l’égard des fonds européens et, surtout, de la comptabilisation de « milliards d’euros » d’incitations fiscales par les entreprises comme Recherche et Développement, qui « ne correspondent pas à une activité scientifique réelle ».

Dans le diagnostic qu’elle dresse, Maria de Lurdes Rodrigues affirme que les universités et les centres de recherche, malgré le nombre de docteurs qu’ils accueillent et les efforts qu’ils déploient, n’ont pas eu les niveaux de financement nécessaires pour mener à bien les projets de recherche qu’ils envisagent.

La rectrice mentionne que la Fondation pour la Science et la Technologie (FCT) a annoncé, le 15 avril, une réduction du financement des centres de recherche classifiés « Très Bon ».

« Ce sont 117 unités de R&D qui ont obtenu cette classification, mais elles devront vivre durant la période 2025-2029 avec seulement 25% du financement réel qu’elles ont reçu entre 2020 et 2024 », souligne-t-elle.

Selon Maria de Lurdes Rodrigues, la seule garantie de promotion de la qualité de l’activité scientifique est l’évaluation, donc « il n’a aucun sens », après que l’évaluation soit faite, de réduire à un tiers ou un quart le financement public attribué.