Les associations représentant les TVDE incitent le Gouvernement à avancer avec la révision de la loi.

Les associations représentant les TVDE incitent le Gouvernement à avancer avec la révision de la loi.

Le Mouvement Civique Somos (MCS) TVDE a alerté, via un communiqué, sur ce qu’il considère comme une « exploitation systématique des conducteurs TVDE en 2025 », accusant l’État portugais de « soumission à Uber ».

Le MCS TVDE a indiqué que l’année 2025 a été marquée par « une dépréciation morale et financière sans précédent des professionnels du secteur, promue par des pratiques abusives des plateformes, notamment Uber ».

Contactées par Lusa, tant l’APTAD — Association Portugaise des Transporteurs en Automobiles Dépersonnalisés que l’Association Nationale Mouvement — TVDE se sont distanciées de la position du MCS TVDE, mais les deux organisations conviennent également de la nécessité urgente de réviser la loi pour que les droits des conducteurs et des opérateurs soient préservés.

« L’APTAD n’utilise ni ne souscrit à des expressions populistes ou enflammées. Mais c’est notre devoir, en tant que représentants de milliers d’opérateurs et de conducteurs du secteur TVDE, de dénoncer ce qui est évident : le Gouvernement ignore systématiquement les alertes, propositions et revendications de ceux qui assurent effectivement le service TVDE au Portugal, tout en permettant aux plateformes d’opérer sans aucun contrepoids réglementaire efficace », déclare une position par écrit envoyée à l’agence Lusa.

Selon l’APTAD, le Gouvernement s’est engagé au parlement et auprès du secteur à présenter une proposition de révision de la Loi TVDE « d’ici la fin de 2025 », mais cet engagement « n’a pas été tenu ».

« Les principaux groupes parlementaires ont aussi promis d’agir et ne l’ont pas fait », a alerté l’APTAD, soulignant que si « l’inaction prolongée sert, en pratique, les intérêts des plateformes au détriment des professionnels et de l’équilibre même du secteur, c’est au Gouvernement d’expliquer pourquoi ».

Pour l’APTAD, repousser sans cesse la révision de la Loi revient « objectivement à favoriser les intérêts des plateformes et à perpétuer un modèle qui exploite opérateurs et conducteurs sans donner la parole à ceux qui travaillent ».

L’APTAD exige « une réponse législative urgente », qui régule la capacité installée, impose « des tarifs minimums justes » et rende « dignité à ceux qui sont en première ligne de ce secteur tous les jours ».

Aussi, Victor Soares, de l’Association Nationale Mouvement — TVDE, a expliqué à Lusa que la défense des droits des conducteurs et du secteur est en jeu, considérant que les « autres associations ou mouvements civiques sont autonomes » pour exprimer leur position qui, dans ce cas précis, vient en défense et « non pour nuire au secteur ».

« Nous défendons la révision de la loi, nous avons aussi indiqué l’existence du système multiplicateur, car c’est un modèle déjà en place dans d’autres pays, par exemple en France, où il y a vraiment une autonomie à l’intérieur d’une fourchette de valeurs minimum et maximum prédéfinies, également pour ne pas nuire au coût des trajets pour le client, mais qui est une opportunité pour le conducteur de définir son prix au kilomètre et son temps de travail », a-t-il souligné.

Selon Victor Soares, cela permettrait de ne plus « travailler en dumping », insistant sur la défense du conducteur et rappelant qu’il s’agit d’un « travailleur indépendant qui travaille avec des reçus verts, il n’est donc pas logique que le prix des trajets soit imposé par les plateformes ».

« Il doit exister une réglementation, (…) avec la pratique d’une valeur minimum et maximum dans le TVDE et (…) que le conducteur puisse indiquer sa valeur en fonction de ses coûts », a-t-il réitéré.

Dans son communiqué, le Mouvement Civique Somos TVDE a ajouté que lors de l’année où Uber « a enregistré des bénéfices mondiaux record, les conducteurs portugais ont vu leurs revenus s’éroder par des réductions tarifaires unilatérales, des paiements par kilomètre aussi bas que 0,20 à 0,35 euro pour les courts trajets, des ramassages éloignés de plus de 10 km, des temps d’attente prolongés et des réservations avec des baisses estimées à 40% ».

« Alors que les plateformes annonçaient publiquement que ‘les conducteurs n’ont jamais autant gagné qu’aujourd’hui’, la réalité sur le terrain était d’une précarité extrême, avec de nombreux professionnels recevant des montants nets en dessous du salaire minimum après déduction des coûts opérationnels », a ajouté le Mouvement.

Le MCS TVDE a également accusé « l’État portugais et les gouvernements successifs de complicité dans cette exploitation, se révélant soumis aux intérêts d’Uber et d’autres multinationales ».

Le mouvement défend comme mesures essentielles « des tarifs minimums durables, la transparence algorithmique et une protection effective contre les pratiques abusives ».

L’agence Lusa a contacté la plateforme Uber pour obtenir un commentaire, mais sans succès jusqu’à présent.

Le régime juridique du secteur TVDE publié en août 2018 prévoyait une évaluation trois ans après son entrée en vigueur, suite à un rapport de l’IMT, rendu public fin 2022, et un avis de l’Autorité de la Mobilité et des Transports (AMT) avec des propositions de modifications de la loi.