Les associations alertent sur une crise dans l’approvisionnement alimentaire.

Les associations alertent sur une crise dans l'approvisionnement alimentaire.

Dans un communiqué, l’ALIF – Association de l’Industrie pour le Froid et le Commerce des Produits Alimentaires, et l’ANCIPA – Association Nationale des Commerçants et Industriels de Produits Alimentaires, exigent une réponse urgente du gouvernement pour remédier aux « défaillances des systèmes de l’État, aux retards dans les ports et aux obstacles à l’importation et à l’exportation de produits alimentaires ».

L’entrée en vigueur du SiMTeM – Système Intégré des Moyens de Transport et des Marchandises, « a provoqué des contraintes opérationnelles graves », avec des entreprises se plaignant de « difficultés d’accès et de retards dans les procédures, avec des marchandises retenues dans les ports et des pertes significatives », informe la note diffusée.

Les associations estiment que « la situation dans les ports nationaux est particulièrement préoccupante », en raison de nombreux conteneurs attendant un dédouanement « tandis que les autorités portuaires refusent la réception de marchandises destinées à l’exportation par incapacité de réponse ».

Ces blocages, selon les associations, « interrompent des flux logistiques essentiels et mettent en péril les engagements commerciaux pris par des entreprises portugaises sur les marchés internationaux ».

À la suite d’alertes formelles adressées à l’Administration Fiscale et Douanière et au secrétariat d’État aux Finances, une « certaine évolution » a été constatée, bien que la situation ne soit pas encore normalisée.

Pour Luís Sousa, directeur général de l’ALIF et de l’ANCIPA, « lorsqu’un secteur comme celui de la pêche, qui représente environ 1,455 milliard d’euros en exportations annuelles, est freiné par des défaillances administratives et des systèmes qui ne fonctionnent pas, nous sommes face à un problème économique sérieux avec un impact national ».

L’impact est « particulièrement grave » pour le secteur de la pêche depuis l’introduction, le 10 janvier, de la plateforme CATCH – système informatique de certification des captures de poisson, « sans formation adéquate, sans phase d’adaptation et avec des défaillances opérationnelles, pénalisant surtout les opérations d’importation et d’exportation ».

Le responsable a affirmé que des « entreprises supportent des dizaines de milliers d’euros de coûts supplémentaires pour des marchandises retenues, souvent supérieurs à la marge de profit des opérations elles-mêmes ».

À ces contraintes s’ajoutent des retards dans les inspections des importations, dus à un manque de ressources humaines, obligeant les entreprises à supporter des coûts élevés de stockage, la perte de produits et des ruptures dans les chaînes d’approvisionnement.

Face à cette situation, qui compromet « la garantie de l’approvisionnement alimentaire au Portugal », l’ALIF et l’ANCIPA exigent « une réponse immédiate du gouvernement, l’adoption de solutions pratiques, la révision des délais et procédures et l’ouverture d’un dialogue effectif avec les entreprises ».

L’Association des Transitaires du Portugal (APAT) a également dénoncé aujourd’hui le « chaos logistique absolu » dans le pays causé par le nouveau SiMTeM, qui selon elle menace l’intégrité du tissu entrepreneurial.

« Le Portugal est plongé dans un chaos logistique absolu, dont les conséquences se multiplient à travers les divers maillons de la chaîne d’approvisionnement, menaçant l’intégrité du tissu entrepreneurial et mettant en péril la relation de confiance entre les agents économiques, instaurant un climat d’incertitude total dans le commerce national », soutient l’association dans un communiqué.

Considérant qu’il s’agissait d’un « processus erratique, impréparé et précipité », l’association estime qu’il a « non seulement échoué dans sa mission première – harmoniser les pratiques douanières – mais a déclenché une perturbation grave qui ne peut persister sans résolution immédiate ».