Les arrestations de suspects du groupe 1143 confirment les alertes, déclare le collectif GARA.

Les arrestations de suspects du groupe 1143 confirment les alertes, déclare le collectif GARA.

Dans un communiqué, le Groupe d’Action Révolutionnaire Antifasciste (GARA) indique que « ces événements ne constituent pas un ‘cas isolé' ».

 

La Police Judiciaire a annoncé mardi avoir démantelé une association criminelle, identifiée comme 1143, qui commettait des crimes de haine. Elle a arrêté 37 suspects ayant « un vaste passé criminel » et « des liens avec des groupes de haine internationaux », parmi lesquels se trouvent un membre de la PSP et un militaire.

Elle a indiqué que dans le cadre de l’opération « Irmandade », 15 autres personnes ont été inculpées et 65 perquisitions ont été effectuées. Les détenus, âgés entre 30 et 54 ans, « adoptaient et diffusaient l’idéologie nazie, inhérente à la culture national-socialiste et à l’extrême droite radicale et violente, agissant pour des raisons racistes et xénophobes, dans le but d’intimider, de poursuivre et de contraindre les minorités ethniques, notamment les immigrés ».

Le groupe aurait pour leader Mário Machado, qui purge une peine pour des crimes de la même nature et qui donnait les instructions depuis la prison.

Pour le GARA, il s’agit de la « confirmation tardive d’une réalité que (…) ils dénoncent depuis des années, souvent dans l’indifférence générale des gouvernements successifs, des autorités et des forces politiques : la consolidation de structures néonazies organisées, violentes et idéologiquement engagées envers le fascisme historique et contemporain, y compris des pratiques de caractère paramilitaire ».

Le collectif considère que « la situation revêt une gravité extrême » car elle confirme les alertes qu’il n’a cessé de lancer « quant à l’existence d’éléments liés au parti Chega qui intègrent cette milice néonazie, ainsi que des forces policières ».

Ce « lien ne peut être relativisé ni traité comme une coïncidence », souligne le GARA, ajoutant que « cela démontre l’existence de ponts directs entre l’extrême droite parlementaire et les structures néonazies organisées, exposant le risque réel d’une infiltration fasciste dans les institutions démocratiques », ce qui constitue « une menace concrète pour la sécurité publique, l’État de droit et les libertés fondamentales ».

Le collectif affirme que « l’État portugais a opté pour l’inaction et l’occultation », citant comme exemple le retrait d’un chapitre de la version finale du Rapport Annuel de Sécurité Interne (RASI) de 2024 qui mentionnait la présence d’un groupe d’extrême droite au Portugal.

En avril, le Bloc de Gauche a déclaré qu’il allait interroger le Premier ministre sur le « chapitre amputé » du RASI, après que le PSD, le CDS-PP et Chega aient rejeté un débat sur le document proposé par le BE, rejet qui a également été fortement critiqué par le PS, le PCP et le Livre.

Le chapitre en question s’intitulait « extrémismes et menaces hybrides » et figurait dans une version préliminaire du rapport, que le Système de Sécurité Interne (SSI) a déclaré être une « version de travail ».

« Cette suppression n’est pas une erreur technique ni une omission innocente : c’est un acte politique conscient, visant à dévaloriser la menace fasciste, à protéger des intérêts et à éviter le conflit direct avec l’extrême droite », affirme le GARA dans le communiqué, ajoutant que, « ce faisant, le gouvernement assume une responsabilité directe dans la création de conditions permettant la croissance, la réorganisation et la violence de ces groupes ».

Le groupe antifasciste précise que « le gouvernement actuel a légitimé et normalisé le discours de haine du parti Chega » et qu’en « face de ce scénario de complicité et de danger réel » il va « poursuivre et intensifier la lutte antifasciste active, dans tous les espaces — sociaux, politiques, culturels et communautaires ».