Dans un communiqué, et sur la base des données de la plateforme de l’Institut de la Mobilité et des Transports (IMT), l’APTAD a considéré qu’après une lecture technique des données, l’année 2025 « confirme, de manière claire, les alertes » que l’organisme n’a cessé de lancer.
Le secteur des TVDE « continue de croître en chiffres administratifs, mais vit en dessous du seuil de viabilité économique », estimant que l’analyse des données publiées par l’IMT entre mars et décembre 2025 permet de dresser un portrait « simple, objectif et préoccupant d’un secteur en net déséquilibre », a-t-elle ajouté.
Durant cette période, le nombre de véhicules actifs est passé d’environ 34 400 à plus de 36 400 véhicules, selon les données, l’APTAD soulignant que la croissance se poursuit de manière continue, « mois après mois, sans aucune preuve publique que la demande ait augmenté au même rythme ».
Les données de 2025 montrent un secteur qui fonctionne « en dessous du seuil minimum de viabilité économique », a déclaré l’organisme, rappelant qu' »il y a trop de véhicules, des conducteurs avec des revenus insuffisants et une rotation constante qui fragilise toute la structure du secteur ».
« Cette précarité de l’emploi a des conséquences directes : des opérateurs incapables d’offrir des contrats de travail, des conducteurs constamment sous pression pour prolonger les horaires et un modèle commercial qui se maintient au détriment de l’instabilité de ceux qui travaillent », peut-on lire dans l’analyse.
En ce qui concerne le nombre de conducteurs actifs, l’APTAD rappelle que celui-ci a augmenté « de manière beaucoup plus modérée », se situant entre 37 500 et un maximum proche de 39 400, terminant l’année en dessous de ce pic.
« Il importe de souligner un fait structurel souvent ignoré : le nombre de conducteurs actifs ne représente qu’environ 50 % du total des chauffeurs certifiés par l’IMT. Ce fait démontre une énorme rotation dans le secteur, conséquence directe de la précarité de l’activité, des faibles revenus et de l’absence de perspectives de stabilité professionnelle », indique la note de l’association.
Selon les données, l’augmentation du nombre d’opérateurs actifs, qui est passé d’environ 11 900 à plus de 14 100 en 2025, « ne reflète pas un secteur plus fort ». Selon l’APTAD, cela démontre la « pulvérisation du marché en milliers de micro-entreprises, souvent avec un seul véhicule, une capacité financière réduite et une forte dépendance aux plateformes, sans échelle pour garantir des conditions économiques solides ou des liens de travail stables ».
L’un des indicateurs les plus clairs du déséquilibre du secteur est, pour l’APTAD, le ratio entre véhicules et conducteurs : en 2025, ce ratio se rapproche d’un véhicule pour un conducteur, ce qui signifie que chaque véhicule dépend d’un seul conducteur pour opérer.
« Dans un secteur économiquement efficient, les véhicules devraient pouvoir opérer en deux équipes, permettant une utilisation plus rationnelle de l’actif et une meilleure dilution des coûts fixes. Dans ce scénario, le ratio sain devrait se situer près d’un véhicule pour deux conducteurs », estime l’association.
Selon l’APTAD, malgré la régularité des rapports mensuels de l’IMT, des données essentielles continuent de manquer pour comprendre véritablement le secteur, rappelant qu’il n’est pas divulgué le nombre de voyages effectués par mois, ni le nombre total de voyages par plateforme ou par territoire.
Il n’existe également pas de définition claire de ce qu’est un « conducteur actif » ou un « véhicule actif », a souligné l’APTAD, considérant que cette absence de critères objectifs « fragilise la lecture des données et limite la qualité de l’analyse publique du secteur ».
L’APTAD a déjà formellement demandé à l’IMT des clarifications sur les données manquantes et sur les définitions utilisées, sans avoir reçu jusqu’à présent de réponse, peut-on lire dans la note.
Sur la base des données opérationnelles recueillies auprès des opérateurs, l’APTAD a estimé que, l’année dernière, le nombre de voyages TVDE aurait varié « entre environ 300 000 voyages par jour pendant les périodes de moindre demande et environ 600 000 voyages par jour pendant les périodes de plus forte demande ».
Face aux tarifs actuellement pratiqués par les plateformes et au taux d’occupation réel des véhicules TVDE, il est « mathématiquement impossible pour un conducteur d’obtenir un revenu équivalent au salaire minimum national sans travailler un nombre excessif d’heures », a-t-elle alerté.
De cette manière, l’APTAD a réitéré l’appel au Gouvernement pour qu’il procède, « de manière urgente, à la révision de la législation du secteur TVDE », soulignant qu’il est « indispensable d’introduire des mécanismes modernes de régulation, basés sur des données complètes, des définitions claires et des indicateurs objectifs comme le taux d’occupation ».
