Dans une décision de grande importance pour la défense des consommateurs et le bien-être animal, le Tribunal de la Relation de Porto a rejeté l’appel de Pingo Doce, confirmant que la liberté d’information prévaut sur les intérêts commerciaux de la marque, selon un communiqué envoyé à Lusa par Frente Animal, concernant le jugement daté du 16 janvier.
Pingo Doce a justifié son appel à la Relation « pour ne pas être d’accord avec le Tribunal de Comarca de Porto sur le fait que les actions de Frente Animal n’occasionnent pas de dommages graves et irréparables à Pingo Doce ».
Pingo Doce a introduit une mesure conservatoire après la diffusion par Frente Animal, en décembre 2024, d’images montrant des poules déformées, incapables de bouger, entassées parmi des cadavres et manipulées avec violence, alléguant que cela nuisait à son image et à ses ventes.
Dans le communiqué envoyé aujourd’hui, Frente Animal souligne que « tandis que Pingo Doce alléguait des dommages irréparables à son image, la décision judiciaire [de la Relation] a indiqué que les ventes du détaillant ont augmenté en 2024, déconstruisant l’argument selon lequel la campagne causerait un effondrement économique de l’entreprise ».
Dans l’action, Pingo Doce exigeait le retrait immédiat de toutes les images diffusées et le paiement de deux mille euros pour chaque jour où celles-ci restaient ‘en ligne’.
Selon Frente Animal, cette nouvelle décision judiciaire « valide la continuité de la campagne ‘Fim do Doce’, garantissant que la réalité sur les méthodes de production animale ne soit pas cachée du débat public ».
« Les juges d’appel ont confirmé que le droit d’informer les Portugais sur les conditions dans les élevages avicoles est un pilier de la liberté d’expression qui ne doit pas être cédé à des stratégies de ‘marketing’. Le jugement mentionne des faits graves validés par les preuves produites, décrivant des oiseaux élevés avec une densité excessive, l’utilisation d’antibiotiques et des animaux avec des brûlures et des pododermatites à cause du temps passé sur leurs excréments », indique le communiqué.
Toujours selon l’organisation, le tribunal « a reconnu qu’il existe des indices justifiant l’action de Frente Animal, soulignant que l’association a le droit de sensibiliser au bien-être animal et aux éventuels risques pour la sécurité alimentaire ».
« La décision confirme que la liberté d’expression protège des informations pouvant choquer ou offenser, prévalant sur les intérêts d’image de l’entreprise, surtout lorsqu’il s’agit de questions d’intérêt public comme le bien-être animal et la sécurité alimentaire », poursuit le communiqué.
L’agence Lusa a tenté d’obtenir une réaction de Pingo Doce, mais pour le moment cela n’a pas été possible.
