Le tribunal de Braga a acquitté les accusés d’un vol violent à Barcelos.

Le tribunal de Braga a acquitté les accusés d'un vol violent à Barcelos.

Par un arrêt du 27 janvier, auquel l’agence Lusa a eu accès, le tribunal précise qu’il n’est pas prouvé que les accusés étaient les auteurs des faits mentionnés dans l’accusation formulée par le ministère public.

« Nous avons des soupçons et des preuves indirectes, et la preuve lors d’une audience de jugement doit être pleine, les simples indices sur l’auteur des faits ne suffisent pas », peut-on lire dans l’arrêt.

Il ajoute que l’accusation « comme fait une introduction aux faits concernant le cambriolage lui-même, développant un discours romancé ou policier, qui n’a eu aucun appui dans la preuve ».

Les faits sont liés à deux femmes d’affaires rivales, qui se consacraient depuis plusieurs années à la confection textile, y compris de matériel contrefait, et entre lesquelles existait « une inimitié ».

En 2020, l’une d’elles a été soumise à une inspection de l’Autorité de Sécurité Alimentaire et Économique (ASAE), au cours de laquelle des articles textiles contrefaits et 168 000 euros lui ont été saisis.

Selon l’accusation, cette femme d’affaires aurait été convaincue que c’est sa rivale qui l’avait dénoncée et aurait élaboré un plan pour se venger.

L’accusation affirme encore qu’elle a engagé des agents, certains avec un casier judiciaire chargé, pour cambrioler la maison de sa rivale et voler tout ce qu’ils y trouveraient de valeur.

La maison, située à Igreja Nova, Barcelos, a été cambriolée par un groupe armé à l’aube du 23 février 2022, à un moment où les quatre résidents — un couple et deux enfants — dormaient.

Les quatre ont été agressés et séquestrés, dans un cadre que le tribunal qualifie de « d’horreur », où les victimes ont eu peur pour leur intégrité physique et craignaient pour leur vie.

Le groupe armé a également volé de l’argent et divers objets en or, pour une valeur de plusieurs milliers d’euros.

Cependant, le tribunal n’a pas réussi à prouver qui étaient les auteurs du crime, les accusés ont donc été acquittés.

Dans l’arrêt, le collège de juges définit l’accusation comme « un véritable patchwork, dans lequel on a tenté de coudre des dénonciations anonymes, des rapports de corrélation avec des éléments de preuve tirés d’autres affaires, des examens de comparaison des images avec tous les accusés constitués dans les dossiers et des écoutes téléphoniques qui ne démontrent rien ».

Dans certaines écoutes, la femme d’affaires accusée d’être la mentor de tout le prétendu plan de vengeance utilise des gros mots et « menaces » envers la supposée dénonciatrice, mais le tribunal a minimisé cela.

« C’est sa manière d’être au quotidien, quand elle explose face à une situation qui lui déplaît (…). Les mots ne sont pas des actes et ne peuvent être retirés du contexte dans lequel ils ont été prononcés, comme on tente de le faire dans l’accusation », indiquent les juges.

Concernant les gros mots, ils soulignent qu’il ne faut pas oublier « que nous sommes dans le Nord du pays, notamment dans le Minho, où ils sont utilisés avec une certaine fréquence et ne signifient pas que les personnes qui les prononcent sont agressives ou violentes ».

« Parfois, ce sont des soupirs de l’âme. Cela ne veut pas dire que ce n’est pas une mauvaise éducation, mais dire que le fait de les proférer démontre qu’elles ont un profil psychologique agressif et violent, c’est extrapoler la réalité et ce que nous enseignent les règles de l’expérience commune », peut-on lire dans l’arrêt.

Quant aux « menaces », les juges disent qu’il n’existe aucune preuve sur le fait qu’elles ont été mises à exécution ou « si elles font partie du vocabulaire des accusés comme une manière de montrer leur mécontentement face à une contrariété ou un manque d’engagement envers les autres ».