Cette position de l’Ordre des Médecins intervient suite à l’ordonnance du gouvernement, publiée aujourd’hui au Journal Officiel, qui crée un projet de surveillance des grossesses à bas risque réalisé par des infirmiers spécialisés, à mettre en œuvre dans les centres de santé ayant une faible couverture médicale en médecine générale et familiale.
« L’OM estime que le modèle d’assistance doit préserver la complémentarité entre les professions, sans promouvoir la substitution de compétences, un principe qui doit toujours être sauvegardé dans la pratique clinique », a souligné l’institution dirigée par Carlos Cortes.
Dans un communiqué, l’ordre a indiqué que les actes propres à chaque profession doivent être « rigoureusement respectés », dans une perspective de qualité, de sécurité clinique et de défense des futures mères, des nouveau-nés et de leurs familles.
« En particulier, la prescription et l’interprétation clinique des examens complémentaires de diagnostic constituent des actes médicaux exclusifs, qui doivent rester sous responsabilité du médecin », a également averti l’Ordre des Médecins.
Dans les cas où la femme enceinte n’a pas de médecin de famille, l’OM a défendu que l’implication des infirmiers spécialisés en santé maternelle et obstétrique, dans le cadre exclusif des compétences en soins infirmiers, doit se faire avec « une garantie claire des conditions minimales de sécurité clinique », dans un parcours de soins incluant un spécialiste de médecine générale et familiale, garantissant « coordination, supervision clinique et référence en temps opportun chaque fois que nécessaire ».
Pour l’OM, la réponse structurelle pour garantir le suivi de toutes les femmes enceintes dans le SNS, notamment celles à faible risque sans suivi dans les soins de santé primaires par manque de médecin de famille, passe par « créer des conditions effectives de captation et de rétention » de médecins spécialistes et d’autres professionnels de la santé.
De cette façon, il est possible d’assurer des équipes multidisciplinaires complètes, stables et avec une continuité des soins, a souligné l’ordre, qui a déclaré qu’il analyserait l’ordonnance sur ce sujet pour envoyer ses contributions au ministère de la Santé.
« Il est fondamental que le ministère de la Santé développe un modèle efficace d’attraction et de rétention de médecins et d’autres professionnels, indispensables pour assurer la qualité et la sécurité des soins, garantissant le meilleur suivi aux femmes enceintes sans qu’il y ait de chevauchement de compétences entre les professionnels », a avancé Carlos Cortes, cité dans le communiqué.
Selon l’ordonnance, la Direction Exécutive du Service National de Santé (DE-SNS) a maintenant 30 jours pour indiquer les unités de santé locales où le projet sera mis en œuvre, visant à « renforcer l’accessibilité et l’équité d’accès à la surveillance des grossesses à bas risque » et à « promouvoir la continuité des soins tout au long du cycle gravido-puerpéral ».
Selon le document, signé par la ministre de la Santé, l’adoption du modèle se fera de « manière prudente, progressive et dûment évaluée », permettant une surveillance continue, notamment au niveau de la sécurité clinique, des résultats en santé, de l’expérience des patientes et de l’impact sur l’organisation des soins de santé primaires.
Chaque fois que des « critères de risque ou des complications cliniques de pertinence » sont identifiés, l’infirmier spécialisé adresse immédiatement la femme enceinte au spécialiste de médecine générale et familiale de référence, assurant ainsi la continuité des soins jusqu’à l’observation médicale effective.
L’Ordre des Infirmiers (OE) a déjà salué le projet et a appelé à l’élargissement de la mesure à toutes les unités de santé locales.
