Le Portugal et 84 autres pays condamnent l’expansionnisme d’Israël en Cisjordanie.

Le Portugal et 84 autres pays condamnent l'expansionnisme d'Israël en Cisjordanie.

Mardi, au siège de l’ONU à New York, le représentant palestinien auprès de l’organisation multilatérale, Riyad Mansour, a lu une déclaration conjointe signée par 85 pays, condamnant fermement les décisions et mesures unilatérales d’Israël visant à étendre sa présence illégale en Cisjordanie.

« Ces décisions sont contraires aux obligations d’Israël en vertu du droit international et doivent être immédiatement annulées. Nous soulignons, à cet égard, notre forte opposition à toute forme d’annexion », a déclaré Mansour à la presse, entouré par des dizaines d’ambassadeurs, dont celui du Portugal, Rui Vinhas.

Les plus de 80 pays ont collectivement souligné leur rejet de toutes les mesures visant à modifier la composition démographique, le caractère et le statut du Territoire palestinien occupé depuis 1967.

« Ces mesures violent le droit international, sapent les efforts en cours pour la paix et la stabilité dans la région, vont à l’encontre du Plan global et compromettent la perspective de parvenir à un accord de paix qui mette fin au conflit », souligne la déclaration.

Les signataires ont réaffirmé leur engagement à prendre des mesures concrètes pour « aider à réaliser le droit du peuple palestinien à l’autodétermination et à combattre la politique illégale de colonies sur le territoire palestinien occupé, y compris Jérusalem-Est, ainsi que les politiques et menaces de déplacement forcé et d’annexion ».

Sur le réseau social X, la Mission de Palestine a partagé les drapeaux de tous les pays ayant signé la déclaration, incluant celui du Portugal. Les États-Unis sont parmi les absents notables.

La déclaration conjointe répond à la décision annoncée dimanche par le gouvernement israélien, qui a approuvé la réouverture du processus d’enregistrement des terres en Cisjordanie occupée, pour la première fois depuis 1967, permettant à Tel Aviv d’enregistrer des terres dans ce territoire palestinien de façon contraignante et définitive.

L’initiative a été présentée par le ministre des Finances et leader ultranationaliste, Bezalel Smotrich, le ministre de la Justice, Yariv Levin, et le ministre de la Défense, Israel Katz, avec l’intention de réglementer les propriétés agricoles et de clarifier l’état des zones occupées en Cisjordanie, un processus bureaucratique dont la complexité avait conduit Israël à l’abandonner il y a des décennies.

L’ONU, divers pays arabes et l’Union européenne avaient déjà dénoncé lundi l’adoption par Israël de nouvelles mesures territoriales renforçant le contrôle sur la Cisjordanie occupée.

Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a condamné la décision de Tel Aviv et a exhorté Israël à revenir immédiatement sur ces mesures.

« La décision pourrait entraîner l’expropriation de propriétés palestiniennes et risque d’élargir le contrôle israélien sur les terres dans la région. De telles mesures, y compris la présence continue d’Israël dans le Territoire palestinien occupé, ne sont pas seulement déstabilisatrices mais, comme l’a rappelé la Cour internationale de justice, illégales », a indiqué Stéphane Dujarric, porte-parole du Portugais, dans un communiqué.

Guterres a averti que la trajectoire actuelle sur le terrain érode la perspective d’une solution à deux États.

« Le secrétaire général réitère que toutes les colonies juives dans la Cisjordanie occupée, y compris Jérusalem-Est, et le régime qui y est associé, n’ont aucune validité juridique et violent clairement le droit international ainsi que les résolutions pertinentes de l’ONU », a insisté Dujarric.

L’activité de colonisation israélite s’est poursuivie sous tous les gouvernements israéliens depuis 1967, mais s’est intensifiée de manière significative pendant l’administration actuelle de Benjamin Netanyahu, notamment depuis le début de la guerre à Gaza, le 7 octobre 2023.

Outre Jérusalem-Est, occupée et annexée par Israël, plus de 500 000 Israéliens vivent actuellement en Cisjordanie, dans des colonies que l’ONU considère illégales selon le droit international.