Dans un communiqué, les membres du groupe des « Engagements Partagés » concernant l’UNRWA, à savoir l’Algérie, le Brésil, la Guyana, l’Indonésie, l’Irlande, la Jordanie, le Koweït, le Luxembourg, la Norvège, la Palestine, le Portugal, le Qatar, la Slovénie, l’Afrique du Sud, l’Espagne et la Turquie, ont exprimé leur « profonde inquiétude et condamné les nouvelles actions entreprises cette semaine par les autorités israéliennes contre les installations de l’UNRWA à Jérusalem-Est occupée ».
Les membres ont également exprimé leur profonde préoccupation face aux graves impacts que les actions d’Israël ont sur la capacité de l’agence à fournir des services d’éducation, de santé, d’assistance et de soutien social aux réfugiés palestiniens.
« Ces récentes attaques sont les dernières d’une série de mesures sans précédent et systématiques imposées par les autorités israéliennes contre l’UNRWA, qui cherchent à défier sa légitimité, à entraver ses opérations et, en fin de compte, à démanteler son travail sur l’ensemble du territoire palestinien occupé », ont accusé les 16 membres.
Israël a démoli mardi des bâtiments du complexe de l’UNRWA à Jérusalem-Est, affirmant que le siège n’avait pas d’immunité et que la démolition était réalisée conformément aux « lois israéliennes et internationales ».
Les autorités israéliennes accusent les responsables de l’agence d’avoir participé à l’attaque du groupe islamiste Hamas, le 7 octobre 2023, qui a déclenché la guerre dans la bande de Gaza.
La récente attaque israélienne a suscité une condamnation internationale et le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a demandé à Tel-Aviv de « suspendre immédiatement » la démolition des bâtiments, ainsi que d’exiger leur reconstruction.
« Les actions sapent le mandat de l’UNRWA auprès de l’ONU, violent le droit international, la Charte de l’ONU et les résolutions pertinentes de l’ONU, et contredisent les conclusions de l’Avis Consultatif de la Cour Internationale de Justice », ont argumenté aujourd’hui les 16 pays.
Israël, en tant que puissance occupante, est tenue, par le droit international, de garantir un accès humanitaire complet, sûr et sans restriction et de permettre le fonctionnement continu des opérations humanitaires de l’ONU, conformément au droit international humanitaire et aux obligations juridiques internationales pertinentes, ajoute le communiqué signé par le Portugal.
« Nous exigeons qu’Israël respecte ses obligations en matière de droit international (…); cesse la démolition du complexe de l’UNRWA à Sheikh Jarrah; et restitue et restaure le complexe et d’autres installations de l’UNRWA aux Nations Unies sans délai », ont-ils encore demandé.
Le groupe a souligné qu’Israël n’a pas de droits souverains sur le territoire palestinien occupé, y compris à Jérusalem-Est, et que toute application de ses lois ou revendications visant à modifier le statut des installations de l’ONU est illégale et sans effet juridique.
Le groupe a réaffirmé, enfin, son soutien à l’agence, soulignant que, face aux énormes pressions politiques, opérationnelles et financières, l’UNRWA continue de fournir un soutien vital indispensable aux réfugiés palestiniens dans toute la région et contribue de manière tangible à la stabilité régionale.
Israël a accusé à plusieurs reprises l’agence de l’ONU de soutenir le Hamas et d’autres groupes palestiniens, bien qu’une enquête indépendante, dirigée par l’ancienne ministre des Affaires étrangères française Catherine Colonna, ait conclu, en avril 2024, que, malgré le fait que l’organisation ait une marge d’amélioration dans des domaines tels que la neutralité ou la transparence, il n’existait pas de preuves soutenant les accusations israéliennes de liens avec le terrorisme.
