Soulignant que chaque élection, comme la présidentielle de dimanche, constitue « l’expression d’un régime démocratique qui, avec sueur, sang et larmes a été institué » et est à la base du « Portugal moderne », Rui Valério a rappelé que « voter est un acte supérieur de citoyenneté » et un « acte de citoyenneté hautement altruiste ».
Ainsi, « quiconque ne va pas voter est presque une personne qui s’auto-exclut de cette tâche, ardue, compliquée et exigeante de penser le tout de la société », a-t-il déclaré.
Dans cette « élection présidentielle je vais au-delà du refrain voulant que l’on veuille quelqu’un qui respecte et fasse respecter la Constitution », mais « ce qui m’intéresse, pour un politicien, c’est sa vision pour le pays », a affirmé Rui Valério, ancien évêque des Forces Armées.
C’est pourquoi, « ce que je dénonce le plus, c’est l’absence d’un plan, d’un projet, d’un projet intégral pour notre pays », qui « vit actuellement des défis auxquels il doit répondre », a souligné l’archevêque de Lisbonne, qui a défendu un rôle renforcé de l’Europe dans les défis de chaque État membre.
« Je crois en Dieu, mais j’ai aussi une affection pour l’Europe », a-t-il dit en souriant et en se déclarant un « européiste convaincu » qui aimerait voir Bruxelles jouer un rôle plus interventionniste.
« Pour le Portugal actuel, les défis qui se posent exigent des personnes, Président [de la République] et Gouvernement, entre autres instances de haute responsabilité dans les affaires publiques, qui aient véritablement une vision du pays. C’est ce que moi et les catholiques espérons », a-t-il déclaré.
Mais « je suis certain que le bon sens, le discernement et la maturité démocratique du peuple portugais sont suffisants pour faire le bon choix dimanche », a-t-il estimé.
Sur le plan national, Rui Valério a placé la natalité comme l’une des principales préoccupations auxquelles les politiciens doivent répondre, cherchant à « embrasser sérieusement cette priorité », qui « implique, dès le départ, de donner des conditions aux familles, notamment aux jeunes, une bonne assistance et une bonne sécurité », notamment dans le domaine de la santé, pour qu’une mère « puisse être secourue et prise en charge » quand elle en a besoin.
Une autre des questions qui préoccupent le patriarche est « l’asymétrie entre le littoral et l’intérieur », qui crée « un Portugal très inégal », appelant les politiciens à suivre l’exemple de la synodalité de l’Église Catholique, un processus global promu par le Pape François qui implique l’écoute des communautés locales.
« La synodalité doit être réalisée au niveau de notre structuration politique » et « un pays synodal est un pays où ses régions ont des réponses pour le tout », a expliqué Rui Valério.
Ensuite, le patriarche de Lisbonne a placé les thèmes de l’éducation, de la santé, de la justice et de l’immigration comme des priorités pour les politiciens, qui doivent promouvoir « un accord de régime » pour résoudre les problèmes existants.
Mais, dans cette demande, Rui Valério a aussi appelé l’Union Européenne à défendre l’État social européen.
« J’aimerais voir notre Union Européenne plus proactive dans ce qui concerne ces problèmes et ces difficultés », car le modèle « traverse une période de difficultés, qui ne concerne pas seulement le Portugal, mais partout ».
