Le MP accuse d’anciens maires de Vidigueira de prévarication, abus de pouvoir et détournement.

Le MP accuse d'anciens maires de Vidigueira de prévarication, abus de pouvoir et détournement.

Dans un communiqué publié sur le site du Bureau du Procureur Général Régional d’Évora, le Ministère Public (MP) a annoncé avoir porté accusation contre les deux prévenus, qui, à l’époque des faits, étaient président et vice-présidente de la Chambre de Vidigueira, dans le district de Beja, élus par la CDU.

Sans mentionner les noms des prévenus dans le communiqué, le MP a indiqué qu’ils ont été accusés de « pratiques de prévarication de titulaire de charge politique, en concours apparent avec les abus de pouvoir et de détournement de fonds ».

« L’enquête, dirigée par le Département d’Investigation et d’Action Pénale (DIAP) régional d’Évora depuis mars 2022, portait sur les actions du président et de la vice-présidente de la Chambre Municipale de Vidigueira, pour des faits survenus entre les années 2015 et 2017 », a-t-il ajouté.

Contacté aujourd’hui par l’agence Lusa, Manuel Narra a déclaré qu’il entend demander l’ouverture de l’instruction du dossier et a souligné qu’il possède « des documents qui contredisent l’accusation du MP ».

« Il y a eu des décisions au sein de la chambre et de l’assemblée municipale qui autorisent le protocole d’utilisation de la maison de retraite », a souligné l’ancien maire de l’Alentejo, en ajoutant qu’il n’avait même pas voté ces décisions dans ces organes municipaux.

Dans le communiqué, le MP a expliqué que le processus concerne la « cession/gestion et exploitation d’une maison de retraite dans des conditions extrêmement avantageuses » par l’Association de Bienfaisance de Selmes et Alcaria (ABSA) et « au détriment des intérêts de la municipalité ».

Avec l’affaire, a-t-il précisé, l’ABSA, qui détenait la licence, était exemptée du paiement de contreparties, « alors que les circonstances indiquaient la pleine durabilité » de l’institution, « bénéficiant de fonds publics-municipaux ».

« De plus, les prévenus auraient œuvré pour la modification du protocole signé pour la cession de cette gestion à l’ABSA, prévoyant la possibilité d’achat de la maison de retraite pour la somme de 845.683,81 euros, alors que l’investissement total de la municipalité s’élevait à environ trois millions d’euros », a-t-il souligné.

Selon le MP, l’affaire, si elle avait été concrétisée, « entraînerait de sérieux préjudices pour la municipalité, qui se verrait ainsi dépossédée d’un important actif immobilier-patrimonial pour un prix bien inférieur à ce qui est dû, enrichissant l’association à ses dépens ».

Par ailleurs, l’ancien président de la chambre « aurait ordonné le paiement des dépenses de fonctionnement de cette maison de retraite (électricité, gaz et télécommunications) pour un montant de 26.721,28 euros, après que sa gestion a été confiée à ladite association de bienfaisance, sans que cela ait été protocolé ou préalablement autorisé et budgétisé par la municipalité », a-t-il allégué.

Selon le MP, l’alors président de la municipalité occupait également, depuis février 2015, le poste de président de l’ABSA, tandis que la vice-présidente, à la fin de ses fonctions publiques, a pris la direction de la maison de retraite gérée par cette association.

Le Ministère Public a demandé la condamnation des prévenus au paiement du montant « qui a été indûment remis au bénéfice de cette association et au préjudice des caisses municipales ».

Le délai pour la demande d’une éventuelle ouverture d’instruction court actuellement ; si elle n’est pas demandée, le dossier sera transmis pour un jugement ordinaire devant un tribunal collectif, a-t-il ajouté.

En février 2022, Manuel Narra a été condamné par le Tribunal Judiciaire de Beja pour détournement de fonds à une peine de cinq ans de prison, assortie d’un sursis sous condition de rembourser à la municipalité 42.508,80 euros qu’il avait indûment reçus en indemnités de déplacement.

Manuel Narra a présidé à la municipalité de Vidigueira entre 2005 et 2017, élu par la CDU, et, aux élections municipales de 2021, il s’était à nouveau porté candidat par un collectif de citoyens et a été élu conseiller municipal, pour finir par démissionner après la condamnation.