Le manque de produits menstruels a déjà généré de l’anxiété chez 23 % des femmes.

L’enquête « Parlons de Menstruation » avait pour principal objectif de réaliser un diagnostic de la situation sur la santé menstruelle au Portugal, interrogeant à cette fin 7 495 femmes entre le 9 juillet et le 12 août 2024.

Pour 4,7 % des femmes interrogées, la quantité de produits menstruels accessibles n’a jamais été suffisante pour une hygiène adéquate, la proportion de personnes ayant un accès insuffisant étant plus élevée chez les femmes de 50 ans ou plus (17,4 %) et plus faible chez celles de 30 à 39 ans (10,9 %).

L’étude est publiée à un moment où les écoles et les unités de santé locales commencent à distribuer des produits menstruels (serviettes hygiéniques, tampons et cups menstruelles).

Selon le ministère de la Jeunesse et de la Modernisation, la distribution se fera par phases dans tout le pays durant le mois d’avril.

Interrogées sur leurs difficultés à obtenir des produits menstruels l’année dernière, 9,6 % ont répondu par l’affirmative, 0,7 % déclarant que ces difficultés étaient constantes.

Le groupe où la difficulté d’accès à ces produits est la plus forte est celui des 10-19 ans (13,8 %), selon l’étude publiée sur le site de la Direction générale de la santé, précisant que, dès 40 ans, ce pourcentage est moindre (6,9 %).

Les résultats de l’enquête montrent également que 97,7 % n’ont jamais manqué l’école ou le travail l’année dernière à cause d’un manque de produits menstruels.

Pour les 2,3 % restants qui ont manqué pour cette raison, les absences ont été constantes ou fréquentes dans 0,3 % des cas et occasionnelles dans 1,8 % des cas, ce problème touchant principalement (98,7 %) les femmes de 30 à 39 ans.

Selon l’étude, 91,6 % des personnes interrogées n’ont jamais eu accès à des produits menstruels gratuits.

Elle révèle encore que 31,6 % des femmes interrogées ont manqué l’école ou le travail l’année dernière en raison de symptômes liés à la menstruation.

« Le pourcentage de personnes ayant manqué pour ce motif est plus élevé parmi les 10-19 ans (55,6 %) » et dans le groupe du 10e au 12e niveau de scolarité (42 %).

Les résultats de l’enquête indiquent également que la difficulté d’accès aux produits menstruels a nui à 23,9 % des personnes interrogées en termes de relations sociales et d’activités quotidiennes (comme rejoindre des amis, faire de l’exercice), touchant surtout les jeunes de 10 à 19 ans (27,6 %).

Parmi la population interrogée, 73,3 % ont affirmé avoir reçu des informations sur la santé menstruelle, mais 61,6 % estiment que ces informations étaient insuffisantes.

L’étude de la DGS souligne l’urgence de promouvoir « l’accès à une information précise et adaptée à l’âge sur le cycle menstruel et la menstruation, ainsi que sur les pratiques de soins personnels et de gestion de la menstruation ».

Elle recommande également l’accès à des produits menstruels efficaces et l’existence d’installations et de services de soutien aux soins du corps dans le confort, la sécurité et la confidentialité, ainsi qu’un accès en temps utile au diagnostic, traitement et soins pour les inconforts et troubles liés au cycle menstruel, y compris l’accès à des services et ressources de santé appropriés, le soulagement de la douleur et des stratégies de soins personnels.

La DGS plaide également pour « un environnement positif et respectueux de la menstruation, exempt de stigmatisation et de détresse psychologique » et la promotion de la « liberté de participation dans toutes les sphères de la vie durant toutes les phases du cycle menstruel, libre d’exclusion, de discrimination et de violence en rapport avec la menstruation ».