« Je regrette que mon pays ait jugé intelligent de s’opposer au Mercosur », a déclaré Villeroy de Galhau lors de la clôture d’un colloque de l’Association Europe Finances et Régulations, qui a servi à présenter un nouveau numéro de la Revue d’Économie Financière.
Pour le gouverneur de la BdF, face aux défis que Trump pose au système international, la défense du multilatéralisme « ne peut pas être notre seule réaction ».
« Nous parlons trop de Trump et pas assez de ce que nous pouvons faire par nous-mêmes », a-t-il dit, cité par l’agence EFE, ajoutant que la première chose à travailler sont de nouveaux progrès dans la construction et l’intégration européennes.
À cet égard, il a souligné que, en ce moment, précisément les idées que la France a défendues depuis l’époque du général Charles de Gaulle jusqu’à l’actuel président Emmanuel Macron, d’une Europe souveraine et non dépendante des États-Unis, sont celles qui s’imposent maintenant dans l’Union européenne.
Mais avec le paradoxe que cela se produit à un moment où « la crédibilité française est affaiblie » par la situation financière et politique que le pays traverse.
Le gouvernement français justifie son rejet de ce pacte avec le bloc sud-américain par le risque qu’il craint de représenter pour certains secteurs agricoles français, en particulier pour la viande bovine, le poulet ou la betterave sucrière, et exige des garanties supplémentaires avec des clauses de sauvegarde, des clauses miroir ou des contrôles douaniers.
Villeroy de Galhau avait déjà insisté fin janvier, lors du Sommet de Davos, que le traité avec le Mercosur n’est pas responsable de la crise traversée par l’agriculture française et que, s’il n’est pas approuvé, cela ne sera pas une solution.
Au contraire, il a ajouté que cet accord pourrait bénéficier à l’industrie française et même à certains secteurs de l’agriculture, comme le laitier.
