« Le Premier ministre doit répondre à cette participation massive des travailleurs lors de la grève générale [du 11 décembre] », déclare le secrétaire général de la CGTP dans une déclaration à Lusa.
Tiago Oliveira souligne également que l' »objectif central » de la rencontre, demandée par la centrale syndicale, est « l’exigence du retrait du paquet de réformes du travail ».
« C’est cela qui doit être sur la table, car c’est ce que les travailleurs ont exigé avec la grève générale », insiste-t-il, indiquant que la CGTP n’est pas disposée « à discuter une ou deux questions tout en permettant que toutes les autres passent ».
Le leader de la CGTP précise que la réunion ne sera pas pour « négocier quoi que ce soit », mais « pour exiger du gouvernement une réponse ».
« Le gouvernement doit écouter la majorité. Et la majorité s’est prononcée contre le paquet de réformes du travail », souligne-t-il.
Le secrétaire général de la CGTP critique également le Premier ministre, affirmant qu’en raison de l’adhésion des travailleurs à la grève générale, Luís Montenegro aurait dû « contacter la CGTP afin de discuter du processus ».
La réunion entre le Premier ministre et la CGTP était prévue pour le 7 janvier, mais elle a été reportée à ce mercredi. Lors de la rencontre, seront également présents la ministre du Travail, de la Solidarité et de la Sécurité sociale, Rosário Palma Ramalho.
La ministre du Travail a réitéré que la CGTP s’est tenue à l’écart des négociations, tandis que la centrale syndicale rejette ces critiques, indiquant que le gouvernement n’a accueilli aucune de ses propositions et a « bloqué » les discussions.
La CGTP appelle également à « une discussion sérieuse, tenant compte de ce qui est aujourd’hui négatif, pour améliorer les conditions de vie et de travail des travailleurs ».
Tiago Oliveira réitère que, même si le gouvernement ne retire pas la proposition, la CGTP reste à la table des négociations dans la Concertation Sociale pour donner « voix aux travailleurs ».
Il déclare également à Lusa que la centrale syndicale n’écarte pas de nouvelles formes de lutte et que, en fonction de la position qui sera transmise par le gouvernement lors de la réunion de mercredi ou lors de la prochaine réunion plénière de la Concertation Sociale, dont la date n’est pas fixée, « la CGTP présentera aux travailleurs la proposition qu’elle jugera nécessaire pour poursuivre la lutte ».
Et il ne ferme pas la porte à l’idée de lancer une nouvelle grève générale avec la UGT : « Au moment voulu et lorsque ce sera nécessaire (…) la CGTP fera les contacts qu’elle doit faire. Nous refusons de discuter avec qui que ce soit », a-t-il conclu.
La CGTP et la UGT ont mené le 11 décembre une grève générale contre la proposition du gouvernement, la cinquième à unir les deux centrales syndicales, un événement qui ne s’était plus produit depuis la paralysie conjointe du 27 juin 2013.
Après cette paralysie, la ministre du Travail a convoqué la UGT pour une réunion. À la fin de la rencontre, le secrétaire général de la UGT, Mário Mourão, a indiqué que la centrale syndicale présentera une contre-proposition, y compris des mesures non incluses dans l’avant-projet, soulignant avoir observé un esprit de négociation du côté de l’exécutif.
La proposition, appelée « Travail XXI », a été présentée le 24 juillet par le gouvernement et a reçu un rejet catégorique des centrales syndicales, qui affirment qu’il s’agit d’une « attaque » contre les droits des travailleurs.
En revanche, les confédérations patronales ont applaudi la réforme, bien qu’elles disent qu’il y a de la place pour des améliorations.
Face aux critiques des deux centrales syndicales, le gouvernement a remis à la UGT une nouvelle proposition avec quelques concessions, renonçant par exemple à la simplification des licenciements dans les moyennes entreprises, mais maintenant le retour à la banque d’heures individuelle, la révocation de la norme qui prévoit des restrictions à l’externalisation en cas de licenciement, ainsi que la mesure visant à compliquer la réintégration des travailleurs après un licenciement abusif, ou les modifications à la loi sur la grève, des mesures largement contestées par les centrales syndicales.
L’exécutif a réitéré qu’il « n’est pas disposé à retirer toute la proposition » et qu’il souhaite maintenir les « principaux piliers », tout en se déclarant ouvert au dialogue et en accordant « plus de temps » à la UGT pour analyser la nouvelle proposition.
