À la veille de la réunion annuelle du Forum économique mondial à Davos (Suisse) la semaine prochaine, le rapport indique que le moindre pessimisme des sondés s’explique par les perspectives de l’Asie du Sud, où 66 % s’attendent à une croissance « forte » ou « très forte », stimulée par les indicateurs macroéconomiques de l’Inde, tandis que ce pourcentage baisse à 45 % en Asie de l’Est-Pacifique et à 36 % au Moyen-Orient.
Pour les États-Unis, la majorité des économistes (69 %) prévoit une croissance « modérée », vision partagée par 47 % des sondés concernant leur grand rival, la Chine, alors que pour l’Europe, la perspective la plus soutenue (53 %) indique une croissance « faible ».
Les experts économiques s’attendent à ce que le commerce entre la Chine et les États-Unis, sujet de tensions tarifaires en 2025, reste stable, bien que la grande majorité anticipe des hausses tarifaires dans des secteurs comme la technologie chinoise exportée vers les États-Unis ou les minéraux américains sur le marché asiatique.
À l’échelle mondiale, 94 % des spécialistes consultés prévoient une augmentation des accords commerciaux bilatéraux, 89 % pensent que les exportations chinoises vers des marchés hors des États-Unis vont croître et 57 % estiment que les investissements directs étrangers aux États-Unis augmenteront également, un pourcentage qui tombe à 9 % pour la Chine.
Selon l’institution économique, ces réponses révèlent que les réajustements commerciaux seront l’une des tendances déterminantes pour 2026, accompagnés par l’augmentation de l’investissement en intelligence artificielle (IA) et le problème de la dette souveraine, qui approche des seuils critiques dans de nombreux pays.
Concernant l’IA, la majorité des sondés (52 %) prévoit que les actions américaines liées à cette technologie baisseront au cours de l’année prochaine, tandis que 40 % anticipent de nouvelles hausses.
Les experts affichent un plus grand pessimisme à l’égard d’actifs comme les cryptomonnaies, puisque 62 % anticipent de nouvelles baisses.
Deux tiers des sondés prévoient que l’IA causera des pertes d’emplois modérées dans les deux prochaines années, bien que sur une période de 10 ans, le pourcentage descende à 57 %, et que 32 % s’attendent même à une augmentation des emplois à mesure que de nouvelles professions liées à cette technologie émergent.
En ce qui concerne la gestion de la dette, qui, selon le forum, « est devenue un défi central pour les décideurs politiques », près de la moitié des sondés considère probable qu’elle génère une crise de la dette souveraine dans les marchés émergents.
Pour combattre ce problème, une large majorité s’attend à ce que les gouvernements recourent à une inflation plus élevée et à des augmentations d’impôts pour réduire le poids de la dette.
Dans les marchés émergents, plus de la moitié prévoit d’avoir recours à la restructuration de la dette ou au défaut de paiement dans les cinq prochaines années.
Les sondés prévoient également qu’aux pays développés comme émergents, les dépenses en défense, ainsi que pour les infrastructures numériques et énergétiques, augmenteront, alors que dans la majorité des autres secteurs, des niveaux de dépenses stables sont attendus, avec une baisse dans la protection de l’environnement.
