Le dirigeant philippin veut négocier avec le Portugal le rapatriement d’un ancien député

Le dirigeant philippin veut négocier avec le Portugal le rapatriement d'un ancien député

Connu sous le nom de Zaldy Co, l’ancien député du parti Ako Bicol fait l’objet d’un mandat d’arrêt pour sa prétendue implication dans le scandale des « projets fantômes » d’infrastructures destinées au contrôle des crues.

 

Des dizaines de propriétaires d’entreprises de construction, de fonctionnaires du gouvernement et de représentants élus à travers l’archipel sont accusés de détournement de fonds ou de réalisation de projets de piètre qualité.

En plus de faire face à trois poursuites pénales résultant du scandale de corruption, Zaldy Co a également fait des allégations explosives dans une série de vidéos accusant Marcos Jr. et un de ses cousins, l’ancien président de la Chambre des représentants des Philippines Martin Romualdez, d’avoir reçu des milliards de pesos en pots-de-vin.

Le secrétaire à l’Intérieur, Jonvic Remulla, a déclaré mardi que la directive du président Ferdinand Marcos Jr. ordonnait de vérifier si Zaldy Co pouvait être extradé du Portugal, où il serait localisé.

« Nous étudions encore le dossier car la situation est compliquée. Nous n’avons pas de traité d’extradition [avec le Portugal], mais il existe d’autres pistes que nous pouvons explorer et qu’il souhaite examiner », a précisé Remulla.

Le gouvernement, a-t-il poursuivi, envisage d’autres options, y compris la coordination avec l’Organisation internationale de police criminelle (Interpol), l’ONU et d’autres agences internationales, a-t-il ajouté.

« Un traité [d’extradition] prendrait trop de temps. Un traité nécessite des années et des années pour être finalisé. C’est pourquoi les autres voies possibles, selon l’instruction du Président, se concentrent sur la manière dont nous pouvons procéder à son extradition sans passer par un traité », a-t-il encore indiqué mardi.

La rapatriation, souligne le journal, consiste à renvoyer une personne dans son pays d’origine par choix ou de force. Dans le cas de l’extradition, « il s’agit d’un processus légal par lequel un pays remet une personne accusée ou condamnée pour un crime à un autre pays pour y être jugée ou punie ».

Le journal rappelle également que le département des Affaires étrangères (DFA) a annulé le passeport philippin de Co le 10 décembre de l’année dernière, sur ordre d’un tribunal anticorruption.

Remulla a toutefois souligné que Co pourrait utiliser un passeport portugais obtenu il y a de nombreuses années.

Selon le DFA, l’Ambassade des Philippines à Lisbonne n’a pas encore reçu d’informations sur le lieu où se trouve Co ni de confirmation du gouvernement portugais qu’il avait effectivement accordé un passeport à l’ancien député.

Leila de Lima, députée du parti Mamamayang Liberal, a également déclaré mardi que le gouvernement de Marcos devrait négocier avec le Portugal le rapatriement de Co aux Philippines, au lieu de travailler sur un traité d’extradition « qui exige beaucoup plus d’efforts et de temps ».

« Le rapatriement peut être négocié diplomatiquement immédiatement, même sans la formalité de conclure un traité d’extradition », a indiqué Leila de Lima, notant qu' »un traité d’extradition n’est pas indispensable pour le retour d’un fugitif dans son pays ».

Parmi les suspects figurent des alliés et des opposants de Marcos Jr. Il s’agit de 9 855 projets de contrôle du drainage, évalués à plus de 545 milliards de pesos philippins (huit milliards d’euros), qui auraient dû être construits depuis que Marcos a pris le pouvoir, mi-2022.

En septembre, le ministre des Finances des Philippines, Ralph Recto, a admis que, depuis 2023, 118,5 milliards de pesos (environ 1,75 milliard d’euros) pourraient avoir été détournés.