Le Congo va émettre de la dette publique sur les marchés internationaux pour la première fois.

Le Congo va émettre de la dette publique sur les marchés internationaux pour la première fois.

Dans une interview accordée à l’agence d’informations financières Bloomberg, le ministre des Finances congolais, Doudou Fwamba Likunde, a expliqué que les fonds, d’un montant total de plus de 1,9 milliard d’euros, serviront à financer la construction de projets d’infrastructure dans ce pays africain qui borde l’Angola au sud.

« La hausse du prix des métaux, y compris l’or et le cuivre, va aider à émettre de la dette à des prix compétitifs », a affirmé le ministre dans l’interview à Bloomberg, où il a également souligné la faible inflation, autour de 2 %, et l’un des ratios de dette sur PIB les plus bas de la région, en dessous de 20 %, comme atouts pour le recours aux marchés de la dette, dont la première émission sera faite en avril, pour un montant de 654 millions d’euros, et la deuxième, d’une valeur équivalente à 1,3 milliard d’euros, devrait également se produire cette année.

« Nous allons faire une offre bien structurée et exhaustive, avec des conditions qui nous permettront de garantir la durabilité budgétaire, mais surtout qui nous permettront d’accéder à ces marchés ; nous ne voulons pas aller avec des conditions qui nous exposeraient à des risques significatifs supplémentaires », a soutenu le ministre.

Pour le gouvernant, l’émission d’avril sera la première de nombreuses : « Nous voulons émettre un premier Eurobond, un deuxième, un troisième, un quatrième, indéfiniment, nous voulons nous engager avec le marché afin d’y rester et d’accélérer le développement économique du pays », a ajouté Doudou Fwamba Likunde.

La RDC est la deuxième plus grande nation d’Afrique subsaharienne, le plus grand producteur de cobalt et le deuxième de cuivre, mais c’est aussi l’un des pays les plus pauvres du monde, de sorte qu’une émission réussie aiderait le gouvernement à changer la perception des investisseurs, qui perçoivent le pays comme conflictuel et corrompu, écrit Bloomberg.

Le Fonds monétaire international, qui a terminé en 2024 un programme d’ajustement financier dans le pays, prévoit que la RDC connaîtra un taux de croissance moyen de 5,5 % jusqu’à la fin de la décennie, avec une inflation stabilisée à 7 %.

Les analystes interrogés par Bloomberg anticipent un « appétit raisonnable » pour l’émission, mais avertissent que les intérêts que les investisseurs exigeront pourraient être insoutenables pour ce pays africain, rappelant que le pays voisin, la République du Congo, a dû payer des intérêts de 13,7 % pour émettre 670 millions de dollars l’année dernière, les plus élevés jamais vus sur les marchés émergents.

La RDC a une note de B3, six niveaux en dessous de la catégorie d’investissement, au même niveau que le Nigeria et l’Angola.