« Le récent coup d’État et les changements au sein du gouvernement nécessitent une réévaluation de la situation », a déclaré à Lusa une source officielle du FMI, lorsque interrogée sur la suspension du programme à la suite du coup de novembre.
« L’équipe du FMI surveille la situation, et nous fournirons des mises à jour sur le programme du ECF [Facilité de Crédit Élargi] lorsqu’elles seront disponibles », a ajouté la même source, refusant de confirmer si le programme est suspendu ou non.
Le FMI mène un programme d’assistance financière à la Guinée-Bissau depuis janvier 2023 et, en octobre dernier, a conclu un accord technique sur les politiques nécessaires pour garantir l’approbation de la neuvième révision du programme, prévue pour cette année, a rappelé le FMI à Lusa.
L’approbation de la révision, tenant compte notamment de la nécessité de réduire le déficit budgétaire, ainsi que d’autres mesures, permettrait à la Guinée-Bissau de recevoir un versement de 3,2 millions de dollars (2,7 millions d’euros) dans le cadre du programme approuvé fin janvier 2023, pour un montant total de 37,9 millions de dollars (32,6 millions d’euros), porté fin de l’année à environ 53 millions de dollars (46 millions d’euros).
De ce montant, la Guinée-Bissau a déjà reçu environ 50 millions de dollars, soit environ 43 millions d’euros, depuis le début du programme en janvier 2023.
Les militaires ont pris le pouvoir le 26 novembre 2025, trois jours après les élections générales et un jour avant l’annonce des résultats officiels.
L’opposition avait déjà revendiqué la victoire sur le président sortant, Umaro Sissoco Embaló, candidat à un second mandat.
Embaló a quitté le pays, le candidat qui s’est déclaré vainqueur, Fernando Dias, se serait réfugié à l’ambassade du Nigeria à Bissau et le principal opposant, Domingos Simões Pereira, a été arrêté après avoir soutenu Dias, à la suite de la décision judiciaire lui interdisant, ainsi qu’au parti historique PAIGC, de se présenter pour la première fois aux élections.
Un autoproclamé Haut-Commandement Militaire a pris le pouvoir et a nommé le général Horta Inta-a comme président de la République de transition.
Les militaires ont suspendu la Constitution et remplacé l’Assemblée, dissoute il y a deux ans, par un Conseil National de Transition, avec l’objectif annoncé d’effectuer une transition politique pour une période d’un an.
La prise de pouvoir a été justifiée par un prétendu coup d’État qui se préparait pour arrêter le processus électoral, finalement interrompu par la destruction des procès-verbaux et du matériel de la Commission Nationale des Élections.
La Guinée-Bissau est suspendue des principales organisations internationales dont elle était membre, avec l’exigence d’un retour à la normalité démocratique et la libération des prisonniers politiques pour retrouver sa place dans des organisations comme la Communauté des Pays de Langue Portugaise (CPLP), la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) ou l’Union africaine.
