L’ancien PDG de la TAP veut justice pour un licenciement « sans fondement » et laisse des critiques.

L'ancien PDG de la TAP veut justice pour un licenciement "sans fondement" et laisse des critiques.

Dans un article du magazine hebdomadaire Expresso concernant son éviction, qui l’a conduite à intenter une action en justice contre la TAP, la gestionnaire affirme qu’il s’agit de « demander justice, et respect pour le respect de la loi portugaise et européenne », plutôt que de « demander indulgence » ou « réclamer reconnaissance ».

« Mais surtout, il s’agit de reconnaître ce que ce cas révèle sur le fonctionnement de la gouvernance publique. Lorsque des réformes difficiles sont déléguées mais que leur coût politique n’est pas assumé ; lorsque les résultats sont appropriés mais que la responsabilité devient jetable ; lorsque la gestion est tolérée tant qu’elle est utile et écartée lorsqu’elle devient gênante, le problème cesse d’être individuel. Il devient structurel », affirme-t-elle.

La TAP a présenté en mai 2025 un recours pour annuler la décision du procès intenté par l’ancienne présidente exécutive d’entamer un procès au Tribunal Civil de Lisbonne.

Selon les documents consultés par Lusa, le procès de Christine Ourmières-Widener contre la TAP, intenté en septembre 2023, est donc en suspens sans date fixée pour le début du procès.

« Lorsque la décision est reportée indéfiniment, le temps cesse d’être neutre. Il acquiert un poids politique, juridique et, pire encore, humain », déclare la gestionnaire dans l’article du Expresso.

L’action en justice de Christine Ourmières-Widener conteste l’éviction pour cause réelle et sérieuse annoncée par l’ancien ministre des Finances, Fernando Medina, et João Galamba, ex-ministre des Infrastructures, le 6 mars 2023. La décision, comme les gouvernants l’ont expliqué à l’époque, s’est basée sur l’avis de l’Inspection Générale des Finances (IGF) concernant la polémique indemnité de 500 mille euros d’Alexandra Reis.

Le rapport a qualifié le paiement à Alexandra Reis de « illégal » et a pointé Christine Ourmières-Widener et Manuel Beja, l’ancien président du Conseil d’Administration de TAP également licencié pour cause réelle et sérieuse, comme responsables d’avoir signé l’accord pour le départ d’Alexandra Reis en février 2022, violant ainsi le statut de Gestionnaire Public.

Une conclusion réfutée à plusieurs reprises par la gestionnaire, y compris lors de son audition à la Commission d’Enquête sur la Gestion de la TAP, soutenant qu’il s’agissait d’une « décision politique ».

En ce qui concerne le montant de l’indemnisation demandée par la gestionnaire, qui selon la presse française aurait été licenciée en janvier de la direction d’Air Caraïbes et de French Bee, les calculs concernent les montants auxquels elle estime avoir droit jusqu’à la fin du contrat (en 2025), ainsi que des primes de performance après avoir mené TAP à réaliser des bénéfices en 2022, ce qui n’était plus le cas depuis cinq ans et avait anticipé de presque trois ans les objectifs établis dans le plan de restructuration convenu avec Bruxelles.

De plus, cela inclut une part pour avoir été destituée sans respecter le préavis de 180 jours et pour dommages réputationnels.

Déjà les comptes de TAP, connus dans l’argumentation de la défense en janvier 2024, indiquent un total de 432 mille euros.

Dans le contradictoire, la défense de la compagnie aérienne dirigée par Luís Rodrigues soutient que l’ancienne présidente exécutive a accumulé des postes dans d’autres entreprises, en violation des règles de Gestionnaire Public.

Et elle accuse la gestionnaire de permettre une situation de conflit d’intérêts avec l’entreprise qui a embauché son mari et a tenté de fournir des services à la compagnie aérienne, causant des « graves risques réputationnels » pour le transporteur.

Ourmières-Widener a été engagée pour présider à la TAP, où elle est entrée en juin 2021, dans un processus dirigé par l’ancien ministre des Infrastructures, Pedro Nuno Santos.

Elle a remplacé Antonoaldo Neves, choisi par l’actionnaire privé, David Neeleman, écarté à la suite de la pandémie et du contrôle du transporteur par l’État.

Dans l’article du Expresso, la gestionnaire affirme avoir été « accusée publiquement d’intentions criminelles sans fondement » et « écartée publiquement, en direct à la télévision, par deux ministres », Fernando Medina et João Galamba, en plus d’être poursuivie : « ils ont incendié mon véhicule ».

Affirmant qu’aucune illégalité ni mauvaise gestion n’a été alléguée, et que sous sa direction la TAP a présenté des résultats opérationnels et financiers positifs malgré les difficultés, elle soutient que son éviction avait des motivations politiques, au plus fort de la crise déclenchée par la divulgation de l’indemnité versée à l’ex-administratrice Alexandra Reis, ce qui selon elle était mis en évidence dans les écoutes téléphoniques d’António Costa.

« Des années plus tard, des enregistrements ont été rendus publics, cristallisant ce changement dans une expression simple et brutale : ‘Si cela devient un enfer, c’est elle ou nous.’ Cette phrase a été prononcée par le premier ministre de l’époque lors d’une conversation téléphonique avec le ministre des Infrastructures », déclare-t-elle.

« Je ne cite pas l’ancien premier ministre par esprit de vengeance personnelle, mais comme le moment exact où la décision a cessé d’être guidée par la gestion de l’entreprise et a commencé à répondre à une logique de commodité et de survie politique, culminant en un licenciement sans aucune cause réelle et sérieuse », souligne-t-elle.